
Le Collège médical a réagi ce vendredi à l’affaire médiatisée visant un médecin orthopédiste, en détaillant les raisons qui l’ont poussé à intervenir.
L’instance a été alertée via la procédure de lanceur d’alerte, un dispositif qui protège les personnes signalant des pratiques potentiellement problématiques lorsqu’elles ont de bonnes raisons de croire que les faits sont réels. Les alertes portaient sur des opérations du ligament croisé antérieur qui auraient été réalisées sans justification médicale claire.
Après avoir entendu les lanceurs d’alerte, le Collège médical a estimé qu’ils remplissaient les conditions pour être protégés contre toute forme de représailles. Leur identité doit donc rester confidentielle. Les premières vérifications ont également montré que les cas rapportés ne semblaient pas isolés. Dans l’intérêt des patients, le Collège médical a informé la ministre de la Santé en décembre 2025, l’invitant à envisager des mesures.
Début janvier 2026, un second signalement est arrivé, cette fois du Centre Hospitalier de Luxembourg. Six spécialistes en orthopédie y décrivaient une “pratique chirurgicale inhabituelle” concernant dix patients opérés par le même médecin, ainsi que six interventions recommandées mais finalement non réalisées après un second avis. Ce signalement était signé et non anonyme.
Face à ces éléments, le président du Collège médical a ouvert une instruction. Les dossiers médicaux des patients concernés — identifiés uniquement par leur matricule — ont été demandés au CHL et transmis fin janvier. Le médecin mis en cause a été informé de la procédure en cours et invité à consulter les dossiers pour préparer sa défense. Il sera prochainement entendu.
À l’issue de cette audition et de l’analyse des documents, un rapport sera établi. Il permettra de déterminer si le médecin doit être renvoyé ou non devant le Conseil de discipline. En cas de procédure disciplinaire, il bénéficiera de l’ensemble des droits prévus, notamment l’assistance d’un avocat et un débat contradictoire.