Drame du Marché de NoëlL’avocat du programmateur du LCTO plaide l'acquittement

Michèle Sinner
adapté pour RTL Infos
Au cinquième jour d'audience du procès autour de l'accident tragique au Marché de Noël 2019, la parole était à la défense lundi.
© Famill

Le procès concernant l’accident mortel survenu au marché de Noël 2019 suite à la chute d'une sculpture de glace, s’est poursuivi lundi avec les plaidoiries de la défense. Les avocats du sculpteur en chef ont demandé qu’il soit condamné à une amende, mais pas à une peine de prison. Pour les deux autres sculpteurs, leurs avocats respectifs ont plaidé l’acquittement, estimant qu’ils n’étaient que des exécutants.

L’avocat du programmateur du Luxembourg City Tourist Office (LCTO), qui avait commandé la sculpture, a également demandé l’acquittement de son client, arguant qu’avec les informations dont il disposait au préalable, il n’avait pas pu anticiper un risque pour la sécurité. Dans son devis, le sculpteur avait proposé, de manière succincte, de réaliser une "animation live à partir de 2,2 tonnes de glace". Parmi les options proposées figurait "un fond de scène chalet de 2,5 m de haut avec un père Noël en train de prendre un café en terrasse avec plusieurs assises pour le public".

La sculpture, telle "une tranche de pain posée à la verticale"

Cela aurait aussi pu être une sculpture avec une base large et profonde, comme l’ours en glace livré par le sculpteur l’année précédente, qui mesurait également deux mètres de haut, selon l’avocat du programmateur, mais qui reposait sur un socle solide. D’après le devis, rien ne permettait de décrypter qu’il s’agirait finalement de plusieurs éléments distincts, dont une façade haute de 2,5 mètres mais profonde de seulement 25 centimètres, a expliqué la défense. Il faut s’imaginer cela comme "une tranche de pain posée à la verticale".

Le centre de gravité de cette façade a ainsi rapidement basculé en dehors de son socle. Cela en raison de la pente sur le Knuedler et de sa mauvaise installation sur la palette, comme l’ont montré les expertises. Selon l’avocat du programmateur, ces expertises n’ont pas identifié la hauteur de la sculpture en tant que telle comme l’une des causes de l’accident. Elle n’était pas au départ, le signal d’alarme qu’elle est devenue au cours de l’enquête, une fois que tout le monde a eu en tête l’image de la façade. Son client n’aurait donc pas disposé des informations nécessaires pour demander une analyse de risques auprès des collègues compétents de la Ville de Luxembourg. Il n’aurait pas été plus devin que ceux-ci, qui disposent pourtant de compétences techniques plus poussées. La sculpture avait d’ailleurs été installée dans le périmètre défini par les agents du service des marchés de la Ville.

Les indemnités demandées par les parties civiles trop élevées ?

Par ailleurs, les avocats de la défense ont contesté le montant des indemnités demandées par les parties civiles, c’est-à-dire la famille du petit Emran, surtout en ce qui concerne le niveau des frais d’avocat et des indemnités de procédure réclamés par les onze membres de la famille. L’avocate de la famille ne s’est constituée partie civile qu’après l’audition des témoins et des accusés la semaine dernière. Elle n’était pas intervenue auparavant, ni lors de ce procès ni dans la procédure antérieure. L’un des avocats de la défense a ainsi calculé que l’avocate facturerait environ 77.000 euros à la famille, simplement pour assister à l’audience. Cela correspondrait à un tarif horaire de plus de 1.000 euros. Selon lui, c'est excessif et ces montants devraient être réduits.

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