
Ce jour de novembre 2019, une sculpture de glace de deux tonnes s'est effondrée et des blocs de glace sont tombés sur le garçonnet de deux ans et demi. Lundi, le premier des trois témoins entendus à l'audience était la bourgmestre de Luxembourg, Lydie Polfer.
"Le drame qui s’est produit ici est ce qu’on peut imaginer de pire", a déclaré, très émue, la bourgmestre de la Ville de Luxembourg. Il est important que ce procès ait lieu maintenant. Tout le monde souhaite savoir comment l’accident a pu se produire, a indiqué la députée-maire.
Fin novembre 2019, quelques heures seulement après son installation, la sculpture, qui représentait la façade d’un petit chalet en bois, s’est effondrée. La photo du petit Emran sur sa luge devant la façade a fait le tour des médias. Mais l’accident s’est produit à l’arrière, derrière la façade. Après la photo, l’enfant s'est rendu dans l’espace situé entre le chalet de glace et la clôture de la patinoire, où sa mère faisait du patin. C’est là que les blocs de glace sont tombés sur lui et l’ont projeté contre la clôture.
C’est pourquoi, lundi, la question de la répartition des responsabilités entre les services de la Ville de Luxembourg, d’une part, et l’Office de tourisme (LCTO), cofinancé par la Ville, d’autre part, a été largement abordée.
C’est le LCTO qui avait conclu le contrat avec le sculpteur pour le marché de Noël. Ce n’était pas la première fois que les deux parties collaboraient. Mais en fin de compte, c’est bien la Ville de Luxembourg qui est responsable de la sécurité, a souligné Lydie Polfer. Lors de la Schueberfouer et d’autres événements, Luxcontrol et l’Inspection du Travail et des Mines (ITM) viennent vérifier que tout est en ordre. Mais, il n’existe pas de normes ou de procédures spécifiques pour une sculpture de glace. La bourgmestre a toutefois été catégorique : si le sculpteur ou le LCTO avait demandé qu’un espace soit interdit d’accès, cela aurait été fait.
C’est précisément ce qu’a déclaré le sculpteur inculpé lundi : il n’aurait pas été en mesure d’installer la sculpture à l’endroit qu’il avait initialement prévu, de manière que personne ne puisse circuler derrière. Cela aurait donné lieu à une discussion. Le choix ne lui aurait pas été laissé, selon le sculpteur. Après l’audience, son avocat, Maître Antoine Lachenaud, a déclaré que son client "a insisté très lourdement pour déplacer la statue non pas à l’endroit où elle était mise, mais un autre endroit, qui était la palissade de la patinoire, ce qui, selon lui, aurait très fortement réduit le risque de chute qui, malheureusement, s'est avéré."
Auprès de qui avait-il insisté, avec qui avait-il discuté ? Il en sera question mardi à l'audience. Mais son client n'est pas là pour rejeter toute responsabilité. "C’est un homme qui assume ses responsabilités, qui mesure la douleur de la famille et qui est là pour s’expliquer de manière loyale, sans rien cacher", a ajouté l'avocat. Chaque jour, il pense à l’accident. De son côté, Lydie Polfer a déclaré que si la responsabilité pouvait changer quoi que ce soit à ce qui s’est passé, elle l’assumerait.
Le procès se poursuivra donc mardi. Le sculpteur sera à nouveau interrogé.