
Les données de l’Observatoire de l’habitat et du Statec sont formelles: l’activité a continué à chuter en fin d’année 2025 sur le marché immobilier luxembourgeois. Pas de surprise puisque cette tendance s’était déjà amorcée au troisième trimestre, après la révocation du paquet logement. Mais les chiffres restent marquants: les ventes d’appartements neufs sont passées de 326 à 149 du troisième au quatrième trimestre 2025.
Cela “confirme la fragilité du segment”, souligne Julien Licheron, chercheur du Liser. Cela vient confirmer les prédictions du porte-parole des promoteurs à la Chambre immobilière en fin d’année dernière. Du côté de l’existant, on observe une certaine résilience avec “des niveaux d’activité proches des standards d’avant-crise” malgré un recul au dernier trimestre.
Et les blocages sont évidents. Avec des taux toujours élevés et des prix qui ont légèrement augmenté entre fin 2024 et fin 2025 (+0,1%, tous segments confondus). Dans le neuf, les prix ont connu une hausse plus importante (+2%). Cela s’explique par l’effet d’aubaine créé par les aides gouvernementales et qui explique, par extension, également la sévère chute de l’activité en fin d’année (-62,4%).
À savoir qu’aux dernières nouvelles, le prix moyen au m2 d’un appartement neuf dépassait toujours les 10.000 euros alors que dans l’existant, cette moyenne s’établit autour des 7.700 euros. Cela étant dit, il faut préciser que les prix évoluent fortement en fonction de leur localisation (proche de la capitale ou non) et de leur taille. En effet, plus un logement est grand, moins le prix du m2 est élevé.
Un autre constat que l’on ne peut pas ignorer: la nouvelle hausse des loyers par rapport à l’année précédente (+3%). Cela représente une légère accélération par rapport à ce qui était observé au trimestre précédent. Cette augmentation reste néanmoins très proche de l’inflation mesurée par l’Indice des Prix à la Consommation National sur la même période (+2,9%).
Rappelons que les chiffres présentés ici comparent les prix et les loyers de l’année 2024 à l’année 2025. Nous sommes aujourd’hui déjà à la fin du mois de mars 2026. Tout un trimestre s’est déjà écoulé et la réalité du marché a bien évidemment évolué depuis. Seul un indicateur peut nous donner une idée d’où se situent actuellement les prix et les loyers annoncés: ce sont les chiffres des plateformes d’annonces immobilières.
Attention cependant à toujours faire la distinction entre prix annoncés et prix de vente. En effet, le premier ne prend pas en compte d’éventuelles négociations et donc les variations qu’il peut y avoir quand une affaire est conclue. Ces distinctions et les données publiées aujourd’hui par l’Observatoire de l’habitat et le Statec feront l’objet d’un débat ce vendredi dans l’émission “La Bulle Immo”.