
Ana Correia Da Veiga, conseillère communale de la capitale, explique: "A la crise du logement, que nous avions déjà, s'ajoutent désormais la crise de l'immobilier et la crise de la construction." Les prix de la construction augmentent, mais d'un autre côté, des objets restent plus longtemps en vente sur le marché, dit déi Lénk.
Le parti de gauche demande des interventions à plusieurs niveaux. Il est favorable à ce que les communes entrent plus fortement sur le marché. Dans le cas de la Ville de Luxembourg, qui a des réserves de plus d'un milliard d'euros, elle pourrait le faire avec ses propres moyens, trouve Ana Correia Da Veiga, qui considère de manière très critique la politique actuelle de la majorité au conseil communal: "Maintenant que les prix sont peut-être plus intéressants pour les communes, ils planquent l'argent. Et la valeur de cette réserve diminue également, à cause de l'inflation et parce que les terrains deviennent plus chers."
Toutes les communes ne sont toutefois pas dans une situation aussi confortable que la Ville de Luxembourg, ni au niveau des finances ni au niveau du personnel. D'où la revendication de Gary Diederich: "Les communes et les ASBL ont aujourd'hui surtout besoin de personnel qui puisse immédiatement se lancer et se rendre sur le terrain et qui puisse reprendre les projets, les acheter et les rénover."
Pour que les communes et les ASBL, actives dans le secteur, puissent mieux réagir, l'Etat devrait prendre en charge les frais de personnel pour les architectes, les gestionnaires de projets et les travailleurs sociaux.
La gauche exige que sur le marché du logement, la part publique passe à 10 % à moyen terme et à 25 % à long terme. Pour ce faire, il faudrait que le Fonds du logement et la SNHBM soient mieux équipés financièrement et en personnel, car comme le dit Gary Diederich: "pour le moment, ils ont déjà de très gros projets et par conséquent ils sont sur tous les fronts”. Il demande que la dotation du fonds spécial de soutien au développement du
logement soit doublé pendant un an.
Eric Weirich, conseiller communal de Differdange, souligne que le Fonds de compensation de l'assurance pension est loin d'avoir atteint son propre objectif d'investir 5% dans l'immobilier luxembourgeois. En 2022, le Fonds de compensation a seulement investi 1,7% dans l'immobilier. Sur une réserve de 26 milliards d'euros, cela signifie que près de 900 millions d'euros seraient disponibles pour investir dans le logement, indique Eric Weirich. Jusqu'à présent, le Fonds de compensation aurait surtout investi dans l'immobilier de bureaux. "Ce n'est pas possible que nos réserves en matière de pensions soient investies dans des commerces et des surfaces de bureaux, au lieu de prendre cet argent et de l'investir sur le marché des logements abordables.”