
Il y a eu beaucoup de spéculations sur le marché de l'immobilier au cours des dernières années. De nouveaux acteurs sont apparus, des anciens ont disparu. Mais on a rarement vu une faillite dans ces conditions, estime Jean-Luc de Matteis de la section "construction" de l'OGBL:
"Nous avons eu à plusieurs reprises des faillites dans la construction ces dernières années. Des faillites, souvent sans lien avec les activités elles-mêmes: le carnet de commandes était plein, le problème se situait souvent au niveau du management. Cette faillite-ci a fait des vagues parce qu'elle était liée à beaucoup d'autres choses."
Notamment la politique d'investissement. Pour acheter des terrains, la société "Cenaro Capital" a collecté des capitaux auprès d'investisseurs à propres risques, et a donc promis un taux d'intérêt de 10% et plus. Le capital a ensuite été investi dans le groupe Cenaro pour les différents projets immobiliers. Le problème: en 2021, l'entreprise a déposé 187 fois un acte de vente chez le notaire, contre 22 seulement l'an dernier. Une situation difficile pour les futurs propriétaires, mais également pour le personnel.
Le ministre du Travail, Georges Engel, s'est exprimé lundi sur ce cas dans l'émission de RTL, "L'invité de la rédaction":
"Surtout si vous savez maintenant qu'il pourrait y avoir un procès, car l'argent n'a peut-être pas été correctement utilisé. Et tant qu'il restera un point d'interrogation sur toute la procédure, la situation des personnes qui y travaillaient ne sera pas bonne. Il faut veiller à aider ces gens au plus vite."
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Dès avant Noël, après les premières rumeurs, une partie du personnel a contacté le syndicat. En cas de faillite intervient la loi sur les faillites. Un curateur désigné s'occupe des dernières factures de l'entreprise. Qui va encore verser de l'argent à la société, respectivement à qui doit-elle encore verser de l'argent? Jean-Luc de Matteis de l'OGBL explique:
"Il y a alors une procédure, qui dit que les gens ont de toute façon droit à leur salaire. Ensuite, ils reçoivent un salaire pour le mois de la faillite, le mois suivant et la moitié de la période d'essai. Mais là, il reste des calculs à faire."
L'indemnité est généralement versée par l'Adem au bout de 8 à 14 semaines, selon Jean-Luc de Matteis:
"Afin d'éviter que les gens ne tombent dans une situation économique extrêmement compliquée, il existe la possibilité que quand ils ont une déclaration de créance, ils puissent s'adresser à un office social pour obtenir une avance. Depuis la faillite de Socimmo en 2012, nous avons aussi un système qui fait, qu'à partir d'un certain montant de retard dans le versement des salaires, l'Adem intervient plus tôt. Ce qui signifie qu'ici aussi, il y a des avances."
Les retards dans le paiement des salaires chez Cenaro remontent déjà à plus loin. Et qu'en est-il des clients? Tant que le dossier Cenaro sera entre les mains du parquet, il n'y aura pas de solution rapide.
Le reportage de RTL en langue luxembourgeoise: