
La Commission parlementaire de l'immigration, de la sécurité intérieure et de la justice s'est penchée sur la coopération entre les administrations concernant la lutte contre les stupéfiants, à la demande de l'ADR.
Selon Fernand Kartheiser, la coordination au niveau ministériel ne semble pas fonctionner correctement. Dans une interview accordée à RTL après la réunion, le député ADR a confirmé que des lacunes législatives existaient dans le domaine de l'immigration.
Ce n'est pas un secret: le problème de la drogue existe, principalement dans la capitale, surtout à cause de personnes originaires d'Afrique et souvent en situation illégale dans le pays. On parle régulièrement de véritables clans du Nigeria ou de pays africains situés plus au nord du continent.
Pour Fernand Kartheiser, il ne serait pas illégal de s'établir illégalement au Luxembourg. Aucune sanction n'est prévue pour des séjours illégaux au Luxembourg et il est difficile de renvoyer ces personnes chez elles, à cause entre autres d'une mauvaise collaboration avec certains États et ambassades issus surtout du Maghreb comme la Tunisie, le Maroc, l'Algérie ou le Nigeria.
Selon le député ADR, la police et la justice fonctionnent bien ensemble mais seulement jusqu'à un certain niveau, à cause de certaines lacunes législatives.
Un projet d'amélioration est en cours, c'est en tout cas ce qu'a confirmé Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères lundi en précisant aux députés que cela devrait se passer à l'automne.
L'ADR suivra en tout cas ce dossier de très près puisque, selon eux, des personnes se trouvent illégalement au Luxembourg pour des activités criminelles et le parti ne tolère plus la passivité politique dans ce dossier.
Les premières étapes seraient l’emprisonnement ou le rapatriement des personnes concernées, selon l'ADR qui préconise une élimination des lacunes existantes.
Le ministre des Affaires étrangères a tenu à relativiser les critiques de Fernand Kartheiser en soulignant le bon fonctionnement entre les différentes instances au Luxembourg, en citant par exemple l'étroite collaboration entre le personnel de l'immigration et de la police.
Pour le ministre, il n'y a pas de lacune législative. Il faut absolument faire la différence entre les personnes entrées clandestinement sur le territoire luxembourgeois et les personnes qui bénéficient d'une autorisation de séjour.
Pour les illégaux, une fois leur identité clairement vérifiée, il faut trouver un accord avec le pays de retour, ce qui n'est pas toujours facile, comme l'avoue très ouvertement le ministre. Mais des règles existent, et les autorités s'y tiennent. La Tunisie pose quelques problèmes pour le moment, par exemple. Jean Asselborn a également expliqué que ces décisions dépendent en général des représentations diplomatiques de ces pays à Bruxelles et que le Luxembourg n'a pas toujours la possibilité d'intervenir.
La problématique de la drogue au Luxembourg est souvent liée à des personnes qui sont en séjour légal dans le pays. Comme par exemple des personnes bénéficiant d'un droit d'asile dans un autre État membre de l'UE et qui peuvent rester pendant une période de trois dans un autre pays de l'UE. S'ils commettent une infraction au Luxembourg, leur droit d'asile dans le pays où la demande a été introduite peut être à nouveau retiré.
Le ministre a tenu à assurer qu'un pourcentage minime des demandeurs de protection internationale au Luxembourg étaient impliqués dans des affaires de trafic de drogue et que la loi portant sur l'immigration devrait être légèrement renforcée.