
"Il ne met pas le feu par plaisir, mais parce qu’il est malade." Un homme de 45 ans est poursuivi par la justice luxembourgeoise pour avoir déclenché plusieurs incendies volontaires dans un camping en 2019 et à Grundhof en 2023. Dont l'un avait mis en danger une vingtaine de personnes.
"Je suis un idiot, vous avez raison. J’ai un problème avec le feu." Ce sont les mots prononcés par l'accusé lors d'un interrogatoire et rapporté ce jeudi par le représentant du parquet de Diekirch. Avant de rappeler que l’homme de 45 ans, ancien pompier, avait un long passif pour des faits similaires, et avait déjà purgé une peine de prison pour incendie volontaire, justifiant ainsi sa réquisition pour une condamnation à 20 ans de prison.
Parmi les circonstances aggravantes, le parquet a retenu le fait que 23 personnes se trouvaient dans l'établissement de Grundhof au moment de l’incendie. "C’est un miracle qu’il ne se soit rien passé de plus grave." En outre, les deux incendies avaient été déclenchés de nuit.
Si l'accusé a effectivement un "problème" avec le feu, le parquet a rappelé que sa consommation d'alcool et sa gestion de la colère étaient également des facteurs difficiles : "Lorsque ces trois éléments se combinent, cela devient un problème pour son entourage." L’accusé souffre d’alcoolisme et était effectivement en état d'ivresse prononcé lorsqu’il a déclenché les incendies en 2019 et 2023. L’expert psychiatre a donc conclu à une légère altération de sa capacité de discernement. Le diagnostic d'une pyromanie, jugé être une pulsion différente, avait été écarté.
Son avocat a toutefois contesté cette appréciation. Après l’incendie de l’hôtel, un taux d’alcoolémie de 2,75 grammes par litre avait été constaté. Selon lui, les capacités de discernement de son client étaient alors clairement altérées.
Son conseil assurant connaître l'accusé depuis plus de 20 ans, période durant laquelle il a été son avocat. Allant jusqu'à assurer qu'une fois sobre, le prévenu restait une personne intelligente et tout à fait recommandable. "Il sait qu’il a gâché sa vie", a déclaré Me Stroesser.
L'avocat allant jusqu'à qualifier le quadragénaire d'homme respectueux et sympathique, qui aime aider les autres. Il avait notamment aidé la gérante du camping lorsqu’elle rencontrait des problèmes de santé. Le lendemain de l’incendie de l’hôtel, il avait encore aidé les résidents à se procurer les médicaments qu’ils avaient perdus dans le sinistre. "Il ne met pas le feu par plaisir, mais parce qu’il est malade" a jugé l'avocat, argumentant en faveur d'une thérapie, notamment afin de permettre sa réinsertion à sa sortie de prison.
L'audience s'est conclue sur les excuses du prévenu, qui a avoir de nombreux remords en voyant le mal qu'il a causé. L'homme souhaite désormais poursuivre ses soins en prison ainsi qu'à sa libération.
Le tribunal rendra son jugement le 14 janvier.