
De fausses alertes à la bombe ont de nouveau perturbé jeudi le trafic aérien européen, poussant des avions de chasse à escorter plusieurs vols civils, notamment au départ de l'Italie et à destination de la Bulgarie et de la République tchèque.
Après de fausses alertes similaires en début de semaine, au moins une vingtaine de vols - pour la plupart de compagnies low-cost - avaient été visés par des alertes à la bombe jeudi à la mi-journée, selon plusieurs autorités et compagnies aériennes.
Tous les appareils ont atterri sans incident, ont-elles précisé.

Ces alertes à la bombe s'inscrivent dans un contexte de recrudescence d'attaques hybrides en Europe, parfois liées par les autorités ou les chercheurs à la Russie ou à l'Iran.
"Toute menace contre des civils est inacceptable", a affirmé le commissaire européen aux Transports, Apostolos Tzitzikostas, ajoutant qu'il était "trop tôt pour tirer des conclusions sur le fait que ces incidents étaient liés".
En République tchèque, "c’est l’aéroport de Prague qui a reçu les menaces par courrier électronique" émanant d'adresses anonymes, a précisé à l'AFP la porte-parole de l’aéroport, Denisa Hejtmankova.

En Italie, l’alerte sur les vols Helsinki-Rome et Dublin-Rome a été déclenchée par un courriel envoyé à l'aéroport et à d’autres sociétés de la plateforme aéroportuaire, a confirmé un porte-parole des Aéroports de Rome.
Selon les médias italiens, ce message (en italien) visant les deux vols était signé par les "combattants de l’État masculin", du nom d'un groupuscule extrémiste russe: "Vous êtes tous complices d’un complot criminel. Nous voulons vous anéantir pour cela (...). Votre régime féministe s’en souviendra à jamais. L’explosion se produira dans 60 minutes. Aujourd’hui, votre ciel sera rouge".
Il existe en Russie un mouvement d’extrême droite appelé "État masculin" ("Male State"), mais l’AFP n’a pas pu confirmer s’il était à l’origine du message.
L'armée de l'Air française a annoncé que deux de ses avions de combat avaient escorté en Normandie un avion de la compagnie irlandaise Aer Lingus, qui reliait Dublin à Rome, après une alerte des autorités italiennes.
La manoeuvre n'a en effet pas été aisée car le pilote irlandais "aurait refusé" d'atterrir sur la base militaire d'Evreux, "préférant un aéroport civil", ce qui a conduit la justice française à ouvrir une enquête. L'Airbus A320 et ses 151 passagers a finalement "atterri en toute sécurité", selon la compagnie.
Deux vols de la compagnie Finnair, reliant Helsinki à Rome et Vienne, ont également été visés par une fausse alerte à la bombe.
Le vol pour Rome a été escorté par des avions de chasse italiens jusqu'à l'aéroport romain de Fiumicino, a confirmé à l'AFP un porte-parole des Aéroports de Rome. Mais "rien d'anormal n'a été constaté", a indiqué un porte-parole de Finnair.
"C’est très préoccupant, nous sommes très inquiets pour la sécurité en Europe en général", a commenté auprès de l'AFP une Brésilienne de 29 ans à l'aéroport de Rome, Natalia Lobo. "Mais ça va, je pense que tout est sous contrôle. Je me sens en sécurité pour prendre l’avion, j’ai l’impression que les services de sécurité gèrent tout", a-t-elle ajouté.
Un vol Wizz Air devant relier Milan Malpensa (nord de l'Italie) à Varsovie (Pologne) s'est posé à Vienne en Autriche, et un vol Varsovie-Bruxelles de la compagnie LOT a également fait l'objet d'une alerte, selon les compagnies.