SondageEt si votre week-end commençait... le vendredi à 10h?

Thomas Toussaint
Fixé à 40h, le temps de travail hebdomadaire semble pouvoir baisser. Les salariés sont désormais une majorité à l'espérer.
La majorité des salariés du Luxembourg souhaitent faire baisser leur temps de travail. Est-ce la fin des 40h par semaine?
La majorité des salariés du Luxembourg souhaitent faire baisser leur temps de travail. Est-ce la fin des 40h par semaine?
© Shutterstock

Un sur deux. C'est le nombre de travailleurs au Luxembourg qui aimeraient travailler moins longtemps chaque semaine.

Dans sa toute dernière étude "Quality of Work Index", la Chambre des Salariés a constaté que la réduction du temps de travail séduit de plus en plus au Grand-Duché.

Alors qu'il étaient trois sur dix à vouloir baisser leur temps de travail en 2018, les salariés sont désormais un sur deux à le souhaiter (51% pour être exact). La tendance "s'accentue"signale la Chambre. Il ne reste que 40% des travailleurs à vouloir rester aux fameuses 40h par semaine. Et 9% qui aimeraient travailler plus qu'actuellement !

En bleu foncé, la part des salariés voulant baisser leur temps de travail augmente chaque année.
En bleu foncé, la part des salariés voulant baisser leur temps de travail augmente chaque année.
© CSL

Si l'on ne considère que les travailleurs à temps plein, ceux qui sont à 40h donc, "la proportion est de 56% qui souhaitent travailler moins et de 6% qui souhaitent travailler plus".

À l'inverse, ceux à temps partiel aimeraient travailler davantage: "la proportion est de 22% qui souhaitent travailler moins et de 25% qui souhaitent travailler plus d'heures que ce que prévoit leur contrat".

Les jeunes sont notamment plus sensibles à cette réduction du temps de travail (58% pour cher les 25-34 ans / 54% chez les 35-44 ans). Idem dans certains secteurs, comme les employés administratifs (56% veulent travailler moins) ou dans la finance (58%). "Il n’y a néanmoins pas de différence significative entre résidents et frontaliers" indique la CSL.

PARTIR EN WEEK-END PLUS TÔT

De cette étude, la Chambre des Salariés a calculé que les salariés aimeraient travailler environ 34h et 24 minutes chaque semaine. Loin des 40h contractuelles pour un temps plein. Et qui enverrait les salariés en week-end... dès le vendredi matin !

Aujourd'hui encore, environ un tiers des femmes travaillent à temps partiel, avec tous les inconvénients que cela comporte

Mais dans la pratique, le temps de travail a plutôt tendance... à s'allonger. Notamment grâce à un allongement des contrats chez les femmes, encore nombreuses à être à temps partiel: "Aujourd'hui encore, environ un tiers des femmes travaillent à temps partiel, avec tous les inconvénients que cela comporte" en termes de revenus, de cotisations...

Les hommes à temps plein sont eux plus enclins à réduire leur temps de travail. "Mais souvent, ils ne franchissent pas le pas" constate la CSL. La crainte d'une perte de salaire y est sans doute pour beaucoup.

L'OGBL EST POUR, BETTEL CARRÉMENT CONTRE

À moins qu'un coup de pouce politique ne les y aide? Georges Engel, ministre du Travail et membre des Socialistes, est pour une ouverture du débat. Optimistes, Nora Back du syndicat OGBL espère même "une réduction généralisée du temps de travail sans perte de salaire", à 36h par semaine.

Mais la Fedil, la Fédération des industriels luxembourgeois, s'inquiète: en plus d'augmenter le coût du travail, la mesure pourrait renforcer la pénurie de main-d'œuvre. Il serait préférable d'avoir un cadre, où "le salarié pourrait trouver des arrangements avec son employeur en fonction de ses besoins, de son âge, de sa situation familiale" juge son directeur, René Winkin.

L'opposition est tout aussi marquée chez le DP: Xavier Bettel ne veut pas d'une baisse générale du temps de travail. Voilà qui promet des débats animés avant les élections législatives d'octobre.

Back to Top
CIM LOGO