Procès pour abus de faiblesseEn larmes, l'accusée s'excuse auprès des victimes

RTL Infos
Dans son plaidoyer, l'avocat de la prévenue a une nouvelle fois souligné sa situation de vie "difficile".

Au tribunal de Luxembourg, le procès pour abus de faiblesse intenté à une femme de 42 ans, s'est terminé lundi. Son avocat a déclaré que le réquisitoire du parquet de sept ans d'emprisonnement ferme était, à ses yeux, une peine "extrêmement sévère". L'accusée, qui a avoué une grande partie des faits, avait jusqu'à présent eu "incontestablement une vie extrêmement difficile." Elle est la mère de huit enfants et elle est déjà grand-mère. Six de ses enfants sont mineurs et placés dans des foyers au Luxembourg depuis qu'elle est en détention préventive. Cela fait 15 mois.

Elle n'avait que 15 ans quand elle a eu son premier enfant, 17 à la naissance du deuxième. "Dans notre pays, avec nos lois d'aujourd'hui, ce serait du viol", a dit l'avocat alors que sa cliente était en pleurs. Elle est issue, poursuit l'avocat, de la communauté rom roumaine, une communauté dans laquelle les hommes ont parfois tous les pouvoirs. Une communauté qui serait aussi beaucoup discriminée, du coup elle n'aurait guère été scolarisée, ajoute encore l'avocat.

Son mari n'aurait jamais travaillé. Il aurait mis la prévenue sous pression et elle aurait commis les faits qui lui sont reprochés par crainte de son mari.

Il serait évident qu'elle n'aurait pas agi seule, mais elle serait à présent seule devant la justice pour répondre de ses actes. Il ne veut pas dire que sa cliente serait une personne faible, mais elle serait une personne "vulnérable", ayant grandi dans un clan patriarcal. Pour s'en sortir, elle avait dû se libérer de tout ce qui lui avait été appris tout au long de sa vie.

Il ne s'agit pas d'arguments juridiques, a admis l'avocat, mais de circonstances dont il faudrait tenir compte. Une peine de sept ans de prison ferme sans sursis serait par conséquent une demande "inconcevable et incompréhensible".

Dans sa réplique, le substitut du procureur a rejeté ces arguments. Il a déclaré que l'accusée ne "serait pas une victime du patriarcat." Il n'y aurait dans l'enquête aucun élément permettant d'inculper un co-auteur ou un complice. La prévenue aurait agi professionnellement. Elle aurait été en contact avec les services sociaux et si elle l'avait voulu, elle aurait pu se libérer de sa situation.

Le parquet lui reproche d'avoir escroqué environ 380 000 euros à une dizaine de personnes, pour la plupart des hommes âgés, sur une période de sept ans.

L'accusée, qui a eu le dernier mot, a, en larmes, de nouveau présenté ses excuses au juge et aux victimes. Elle aurait beaucoup appris depuis qu'elle est en détention et souhaite divorcer de son mari. Elle voudrait aller travailler parce qu'elle veut que ses enfants aient une autre vie et pour faire un geste vis-à-vis des victimes avec son salaire.

Le verdict de ce procès est attendu le 16 mars.

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