
La forte inflation a amené la Banque centrale européenne à relever drastiquement son taux directeur. Yves Nosbusch, chef économiste de la banque BGL BNP Paribas, estime que l'inflation va fortement baisser cette année, mais que la BCE va encore augmenter les taux d'intérêt d'un point de pourcentage. Quelles répercussions cela va-t-il avoir sur les crédits immobiliers au Luxembourg?
Depuis l'été dernier, la BCE a relevé son taux directeur de 2,5 points de pourcentage afin de maîtriser l'inflation élevée, alimentée par les prix de l'énergie. Cela a entraîné une hausse des taux sur les crédits immobiliers. Comme l'explique Yves Nosbusch, cette augmentation contribuerait à la baisse du nombre de crédits immobiliers au Luxembourg. "Donc nous voyons encore beaucoup de dossiers de crédit, mais effectivement nous en voyons un peu moins qu'avant. Cela tient au fait qu'en effet, mécaniquement, si les taux d'intérêt sont plus élevés, seul un crédit plus faible peut être financé pour un revenu disponible."
Ces dernières années, les gens ont profité des taux d'intérêt faibles en contractant des prêts à taux fixe. "Au cours des dernières années, la grande majorité des prêts qui ont été accordés sont à taux fixe. Et avec un taux fixe, vous êtes évidemment protégé contre une hausse des taux d'intérêt."
Les personnes ayant précédemment souscrit leur prêt à un taux variable ont-elles du mal à payer leurs mensualités? Les taux d'intérêt élevés solliciteraient bien sûr les revenus, selon l'économiste. "Mais à ce stade, nous ne voyons pas beaucoup de dossiers, où ce serait véritablement problématique. En tout cas, pas beaucoup plus que d'habitude."
Yves Nosbusch suppose que l'inflation chutera fortement dans la zone euro cette année. "Principalement parce que les prix de l'énergie sont en moyenne plus bas aujourd'hui que l'an dernier." L'économiste s'attend à un ralentissement de l'économie de la zone euro cette année. Il serait encore difficile de dire pour le moment s'il s'agira d'une petite récession.