
Au cours des six derniers mois, la mairie de Luxembourg a enregistré pratiquement autant de nouveaux chiens qu’habituellement pendant une année entière.
La décision d’adopter un chien doit pourtant être pensée dans le long terme et pas seulement comme un passe-temps en période de pandémie.
Les temps d’attente chez les éleveurs sérieux sont actuellement énormes. “Nous recevons chaque jour des appels téléphoniques, c’est fou, parce que les gens demandent des chiens sans être conscients de la responsabilité que cela représente. Les gens se sentent seuls et ils sont isolés chez eux. C’est pourquoi ils pensent qu’il est bien d’avoir un animal. Ils ne sont pas conscients qu’il faudra encore s’occuper de son animal après la pandémie et qu’alors ils n’auront plus le temps”, explique Monique Bach, qui élève des chiens depuis 30 ans.
Les gens doivent se renseigner et s’assurer de ne pas s’adresser aux mauvaises personnes. Pour éviter cela, il y a déjà la FCL, la Fédération cynologique luxembourgeoise, qui peut transmettre les coordonnées des éleveurs officiellement agréés.
Les dresseurs de chiens remarquent également une hausse des inscriptions et les groupes s’agrandissent. Anne Barrere est dresseuse certifiée, elle nous explique combien il était important que l’école canine dans laquelle elle travaille, ait toujours pu rester ouverte pendant la pandémie en raison de sa capacité: “Nous avons visé spécialement la socialisation pour que les chiens apprennent surtout à être en contact avec d’autres personnes et d’autres chiens, ce qui n’était pas le cas pendant les périodes de coronavirus à cause de la fermeture des écoles canines.”
Des médias allemands signalent que de plus en plus de chiens, qui ont été adoptés comme compensation pendant la pandémie, sont ramenés dans les refuges. Au refuge pour animaux de Gasperich, le phénomène est encore limité jusqu’à présent, mais on se prépare malgré tout à un éventuel boom.
Depuis la pandémie, les responsables ont remarqué que les gens ont parfois une attitude différente et, par exemple, demandent un chien pour passer le temps. “Nous espérons juste que ceux qui ont récemment adopté un chien, l’ont convenu. Pour ne pas avoir maintenant peut-être un boom, que les gens ne puissent plus gérer le chien quand ils reprennent le travail. (...) Nous pensons cependant que cela va dégénérer à un moment donné”, dit Liliane Ferron, vice-présidente de la Ligue nationale pour la protection des animaux.
“Nous sommes pourtant devenus encore plus stricts dans le choix du propriétaire, pour que les animaux soient dès le départ bien adoptés”.
La demande élevée a également renforcé le commerce illégal de chiots. Véronique Jaeger est vétérinaire et met en garde contre les combines des éleveurs indélicats. Les chiots seraient “produits” et transportés dans des conditions épouvantables.
“J’ai remarqué que vraiment plus de gens ont adopté un chiot et que souvent le passeport ne provient pas du pays où le chien a été adopté. (...) Les chiots sont aussi souvent malades avec des diarrhées, sous-alimentés ou ils marchent bizarrement parce qu’ils ont été maintenus en cage. Ce n’était tout simplement pas le cas il y a un an”, affirme le docteur Jaeger.
L’adoption d’un chien doit être bien réfléchie. Il ne faut sous-estimer ni le temps que prend un animal, ni les coûts qu’il génère. Un chien n’est pas seulement là pour vous tenir compagnie pendant la pandémie, il faudra encore s’en occuper et en prendre soin après.
Le reportage en luxembourgeois de nos collègues de RTL: