
Le plafonnement actuel des prix des loyers ne fonctionne pas comme il le devrait. Gouvernement et opposition sont d’accord sur ce point. Mais alors que l’opposition souhaite que la réforme nécessaire soit réalisée le plus vite possible, le ministre veut se laisser du temps.
Et si Claude Meisch souhaite prendre son temps, c’est principalement parce que le gouvernement veut certes protéger les locataires, mais en même temps, ne pas dissuader les investisseurs d’acheter des appartements destinés à la location. La situation aujourd’hui est complètement différente qu’il y a deux ans, car les taux d’intérêt sur les prêts immobiliers ont considérablement augmenté, souligne le ministre du Logement. “J’aimerais voir cela, avant de légiférer sur quelque-chose qui nous chagrinera éventuellement ensuite.” En effet, cela pourrait mener à un blocage du marché immobilier, selon le ministre. “Nous avonsbesoin de gens qui investissent dans des logements, plus et plus vite. Et d’un autre côté, nous avons bien sûr également besoin d’une protection des locataires, pour protéger les personnes qui doivent y vivre.”
Si l’opposition accepte l’argument de vouloir encore une fois analyser la situation au fond, celui de la crise dans le bâtiment ne passe pas. C’est un peu tiré par les cheveux, selon le député vert François Bausch. Il y a toujours un argument pour repousser les choses. Mais dans ce cas, c’est particulièrement frustrant, car les personnes concernées sont des locataires et par conséquent, les plus vulnérables dans le contexte de la crise du logement, selon l’ex-ministre.
Le ministre du Logement a expliqué que dans un premier temps, l’Observatoire de l’Habitat va effectuer une nouvelle analyse de la situation actuelle. Après cela, la question sera examinée avec tous les acteurs concernés pour trouver la meilleure solution. Claude Meisch n’a pas voulu préciser combien de temps durera cette procédure. Mais il ne faut pas s’attendre à ce que quelqu’un tire soudain de son chapeau une solution à un problème traité depuis si longtemps, selon le ministre.
La présidente du groupe parlementaire LSAP, Taina Bofferding, a déjà annoncé vouloir rester sur ce dossier. Analyser une nouvelle fois le dossier ne peut pas signifier “regarder le plafond en oubliant qu’on avait là une tâche.”