Interview"Avant, un médecin, c'était Dieu mais aujourd'hui les patients vont sur Internet"

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Depuis plus de 30 ans, Maryse Storck est médecin de famille à Bascharage, mais travaille également pour les Urgences à Esch. Selon elle, le métier a peu changé, contrairement aux patients.
© Pierre Weimerskirch

Maryse Storck est médecin et reçoit ses patients dans son cabinet à Bascharage depuis 1989. A 61 ans, elle considère son métier, à l'image de beaucoup de ses consœurs et confrères, comme une vraie vocation, l'œuvre d'une vie : "Nous étions avant tout médecins et nous nous occupions de nous dans un deuxième temps. Les cinq premières années, je ne suis pas partie en vacances, par exemple. C'était ma philosophie."

Après 15 ans à n'exercer qu'en tant que médecin de famille, elle a débuté aux Urgences à Esch. Elle se rend également dans des maisons de retraite, dans des écoles et récemment à la maison d'arrêt de Sanem.

Selon elle, le patient a changé. Aujourd'hui, beaucoup de personnes viennent chez le médecin avec une idée précise de la maladie dont elles pensent souffrir.

"Avant, le médecin, c'était Dieu, mais aujourd'hui les patients viennent et disent, 'j'ai lu ça sur Internet, et je pense que j'ai ça ou ça'. Je réponds 'ok, laissez-moi jeter un coup d'œil et je vous dirai si vous avez raison'."

© Pierre Weimerskirch

DE PLUS EN PLUS DE JEUNES ALCOOLISÉS

"Aux Urgences, on voit de tout. Mais quand on croit avoir tout vu, on arrive encore à être surpris" raconte Maryse Storck. Le week-end, il y a par exemple de plus en plus de patients en état d'ébriété.

"Beaucoup de jeunes viennent en état d'ébriété. On ne les connaît pas. La prise en charge est un peu différente, il faut veiller à ce qu'il ne leur arrive rien. Un jeune avec 1,7g d'alcool par litre de sang, c'est déjà arrivé. Il y a aussi de plus en plus de jeunes, dès 12 ans, qui boivent de l'alcool" affirme t-elle.

Les blessures causées par des attaques au couteau sont beaucoup plus nombreuses également, ce qui l'inquiète. 

Des moments difficiles, il y en a toujours pour un médecin. "Vous devez parfois annoncer un cancer. Aux urgences, je ne pense pas que ce soit le bon endroit pour ça. Cela peut arriver qu'une personne meurt dans une salle des Urgences, mais c'est rare. Lorsque vous devez appeler la famille pour les prévenir que la vie de leur proche touche à sa fin, forcément, ce n'est pas agréable" explique Maryse Storck.

Sa retraite? Ce n'est pas pour tout de suite. "On me dit toujours que si j'arrête, on aura besoin de trois nouveaux médecins!" S'arrêter est pourtant hors de question, pas avant 2026, et plus certainement en 2027 ou 2028, nous confie t-elle.

Il sera temps ensuite de voyager et d'accorder plus de temps à ses ami(e)s.

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