
Ces chiffres ont été fournis par la ministre de la Santé, Paulette Lenert, et le ministre de l'Education, Claude Meisch, dans leur réponse conjointe à une question parlementaire de la députée CSV Nancy Kemp-Arendt.
La députée voulait savoir s'il était vrai que les suicides d'adolescents avaient augmenté ces derniers mois. Selon les informations dont elle dispose, ce serait le cas. Dans leur réponse, les ministres indiquent que les chiffres pour 2022 sont encore provisoires, mais que jusqu'à présent, pas un seul suicide d'adolescent (personne âgée de 10 à 19 ans) n'est signalé pendant cette période.
Les ministres fournissent également des statistiques pour les 25 dernières années. Il en ressort que 44 adolescents se sont suicidés entre 1998 et 2021. A trois reprises, il est arrivé que quatre jeunes se soient suicidés en l'espace de 12 mois. Il est frappant de constater qu'en moyenne 75 % des personnes concernées sont de sexe masculin. Les derniers cas ont été enregistrés en 2020. Il s'agissait de trois jeunes hommes âgés de 18 et 19 ans.
Les causes précises ne sont pas connues du gouvernement. Bien que des signes avant-coureurs existent toujours, ils ne sont pas manifestes et il n'y a pas non plus d'indications évidentes d'une intention suicidaire. Certains signes avant-coureurs sont cependant toujours à prendre au sérieux. Par exemple: parler régulièrement de la mort, tourner le dos à ses amis et à ses activités préférées, donner des objets aimés, faire des recherches sur les méthodes de se donner la mort ou des comportements à risque inhabituels.
Dans la perspective du plan national contre le suicide, les ministres soulignent que la prévention est un pilier important dans la prise en charge de la santé mentale. C'est pourquoi d'ici 2025, 500 personnes travaillant dans les lycées, dont des enseignants, seront formées pour reconnaître les signes et les facteurs de risque chez les jeunes et les adultes et agir en conséquence. De plus, une équipe de postvention sera mise en place dans chaque lycée. Une postvention est une intervention qui survient auprès des personnes endeuillées après un suicide. Elles sont accompagnées dans leur processus de deuil afin de limiter l'imitation de comportement suicidaire. Les ministres espèrent aussi que le remboursement des psychothérapies aura un impact sur le taux de suicide des jeunes, en leur facilitant l'accès aux thérapies.
Les personnes qui ont des pensées suicidaires, peuvent chercher l'aide de professionnels via ces liens: