Un juge d’instruction a été saisi d’une enquête pour “tentative d’assassinat terroriste” en Belgique après la fuite d’un militaire d’extrême droite probablement armé, introuvable depuis quatre jours, a déclaré vendredi un porte-parole du parquet fédéral belge.
Ce porte-parole, Eric Van Duyse, a expliqué que les fouilles entreprises depuis mercredi dans un parc de 12.000 hectares au nord du pays n’avaient pas abouti.
La compagne de Jürgen Conings a lancé un appel au militaire en fuite sur VTM NIEUWS vendredi soir. Elle l’appelle à se rendre. Dans un message d’environ 20 secondes, elle s’adresse directement au militaire et lui demande de ne pas faire de victimes. Elle l’invite à mettre fin à sa fuite pour elle et sa famille.
“Jürgen, si tu es toujours en vie, ne fais aucune victime. Mets fin à cette histoire. Fais en sorte que ça s’arrête. Pour moi. Pour ma famille. Décide toi-même comment, mais fais en sorte que ça s’arrête”, souffle-t-elle.
Cet appel intervient quatre jours après le début des recherches. Depuis mardi soir, des centaines de policiers et de militaires ont fouillé de grandes zones du parc national de Haute Campine, sans succès. Le parquet fédéral a indiqué vendredi qu’un juge d’instruction avait été saisi pour “tentative d’assassinat et possession illégale d’armes dans un contexte terroriste”.
Des unités spéciales luxembourgeoises, belges, néerlandaises et allemandes sont impliquées dans la recherche. On pense que Jürgen Conings s’est caché dans le parc national de Hoge Kempen, près de la frontière néerlandaise et non loin de nos voisins allemands.
400 policiers et militaires belges sont actuellement en service. Ils sont soutenus par les responsables de la sécurité du GSG9, du Luxembourg et des Pays-Bas.
Le ratissage des trois secteurs de la réserve naturelle où le fugitif était soupçonné s’être retranché s’est terminé la nuit dernière, selon M. Van Duyse.
Une partie du dispositif de sécurité a été levé même si les abords et accès au parc national de la Haute-Campine restent sous surveillance.
“Le travail d’enquête continue”, a enchaîné Eric Van Duyse; “un juge d’instruction a été saisi pour tentative d’assassinat terroriste et possession d’armes dans un contexte terroriste”.
Jurgen Conings, un militaire de 46 ans, probablement armé et donc jugé dangereux, est activement recherché principalement dans la province néerlandophone du Limbourg (nord), non loin de la frontière avec les Pays-Bas.
D’après des lettres retrouvées par les enquêteurs, cet homme fiché comme étant un sympathisant de l’extrême droite semble déterminé à s’en prendre à des représentants de l’Etat et à des virologues.
Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne a indiqué vendredi que le fugitif, qui a disparu lundi, avait passé ce soir-là “plus de deux heures dans le quartier d’une cible” potentielle.

Il pourrait s’agir des environs du domicile du virologue Marc Van Ranst, une hypothèse avancée par la chaîne flamande VRT que le ministre a refusé de commenter.
Le porte-parole du parquet fédéral n’a de même souhaité faire aucun commentaire sur ce point.
Jurgen Conings, instructeur dans l’armée, est soupçonné d’avoir dérobé plusieurs types d’armes à feu dans sa caserne avant de prendre la fuite.
En 2020 le militaire avait été sanctionné par sa hiérarchie en raison de son profil radicalisé et de menaces et propos racistes diffusés sur Facebook. Mais il continuait d’avoir accès à des armes et des munitions en tant que préparateur des candidats aux missions à l’étranger.
Vendredi, le gouvernement a promis de durcir les règles d’accès aux armements pour les militaires, sur fond de polémique sur le défaut de surveillance dont ce militaire radicalisé aurait profité.
Le Premier ministre Alexander De Croo a jugé cette situation “inacceptable”.
Vendredi, il a commandé un rapport sur le suivi des personnes radicalisées dans toutes les fonctions et services armés (Défense, Police, Douanes, etc.), en vue de présenter un “plan d’actions” à son gouvernement “début juin”, selon son cabinet.