
Dans son bulletin dévoilé mercredi soir, l’Agence Régionale de santé annonçait un taux d’incidence de 296 cas pour 100.000 habitants dans la région Grand Est, et de 343 pour la France. Hier, ce même taux grimpait à 357 dans le Grand Est et à 407 pour la France! Une augmentation de plus de 20% en 24 heures!Mais cette hausse qui pourrait paraître très inquiétante est tout aussi artificielle qu’attendue. Et elle ne reflète pas une explosion de l’épidémie. Pour bien expliquer ce phénomène, il convient d’expliquer le taux d’incidence. Cet indicateur correspond au nombre total de nouveaux cas pour 100.000 habitants sur 7 jours glissants. Il est calculé à partir des données virologiques mesurées de J-9 à J-3.
Ainsi, les chiffres dévoilés jeudi soir correspondent à la semaine du mardi 6 au lundi 12 avril. Ceux de la veille étaient calculés sur la semaine du lundi 5 au dimanche 11 avril.
Or, le lundi 5 était un jour férié, dernier jour du long week-end de Pâques. Et donc, de nombreux laboratoires sont restés fermés. Très peu de tests ont été réalisés, et par conséquent très peu de tests positifs ont été recensés à cette date. Cela explique aussi pourquoi le taux d’incidence avait artificiellement chuté jeudi dernier (voir graphique ci-dessous).

Il n’en reste pas moins que les chiffres de contamination restent élevés. Les indicateurs semblent se stabiliser, mais à un niveau élevé. Avec plus de 5.900 malades en réanimation, au plus haut depuis le printemps 2020, la troisième vague de l’épidémie de Covid-19 “n’est pas derrière nous” et le “pic des hospitalisations n’est pas atteint” a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal. Il ajoute que la Meuse, la Moselle et la Meurthe-et-Moselle “connaissent toujours une situation fragile”. En France, la barre des 100.000 morts a été dépassée. Et avec 9234 morts liés au Covid, la région Grand Est est la plus endeuillée de l’hexagone. En effet, si l’on rapporte le nombre de décès à la population, c’est le Grand Est qui paye le plus lourd tribut à l’épidémie avec 167 décès pour 100 000 habitants.
