Contrôles frontaliersPressions sur l'Allemagne pour une réouverture rapide des frontières

RTL Infos
La pression monte sur le gouvernement d'Angela Merkel pour lever rapidement les contrôles aux frontières mis en place avec ses pays voisins afin de lutter contre la pandémie du nouveau coronavirus.

En ce 9 mai, jour de l’Europe, la pression se fait plus forte sur l’Allemagne pour qu’elle ouvre à nouveau ses frontières, tant de la part de ses voisins que dans le propre camp de la Chancelière allemande.

Pour Jean-Claude Juncker, ancien Premier ministre luxembourgeois et président de la Commission européenne, “on n’arrête pas un virus en fermant les frontières”. Selon lui, cette décision prise du côté allemand est “ridicule”.

Le Luxembourg fête cette année les 25 ans de la création de l’espace Schengen et les 35 ans de la signature de l’accord initial sur la mise en place de la libre circulation entre les six pays fondateurs de l’Union européenne (France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg).

Mais l’anniversaire a un goût amer... Dès mardi 5 mai, Jean Asselborn a appelé le gouvernement allemand à cesser les contrôles à la frontière entre l’Allemagne et le Luxembourg. Dans une lettre adressée au ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, estime que la fermeture des frontières et les contrôles qui y sont liés ne sont pas justifiés et engendrent “un mécontentement croissant dans la population des deux pays”.

CONTRÔLES PROLONGÉS

M. Seehofer a décidé lundi de prolonger jusqu’au 15 mai les contrôles aux frontières allemandes pour lutter contre la propagation de la pandémie. L’Allemagne a fermé en mars ses frontières avec l’essentiel de ses voisins, laissant en revanche ouvertes celles avec la Belgique et les Pays-Bas. Jean Asselborn a insisté sur le fait que le Luxembourg, où le coronavirus a causé la mort de 100 personnes, soit nettement moins qu’en Belgique ou aux Pays-Bas en proportion de la population, ne représentait en rien une menace sanitaire pour les régions voisines. Renoncer à une prolongation des contrôles serait, selon lui, un signal de remise en cause progressive de l’accord de Schengen, “l’une des plus grandes réalisations du processus d’intégration européenne”.

Cette semaine, les communes luxembourgeoises limitrophes de l’Allemagne ont mis en berne les drapeaux européens hissés devant leurs mairies, pour protester contre la décision de Berlin de prolonger la fermeture de la frontière.

DES PRESSIONS AUSSI EN ALLEMAGNE

Nous avons besoin d’urgence d’ouvrir la frontière avec la France”, a déclaré le chef du gouvernement de Rhénanie du Nord-Westphalie Armin Laschet, un baron du parti conservateur CDU et un candidat à la succession l’an prochain de la chancelière dans un entretien paru samedi.

Le confinement doit prendre fin le 11 mai” en France, a-t-il dit au journal local Stuttgarter Zeitung. “Ce serait un bon moment pour montrer à notre voisin que nous souhaitons une réponse commune européenne dans la lutte contre la pandémie”, a-t-il ajouté.

Des députés du bureau de l’Assemblée parlementaire franco-allemande ont également lancé un appel pour la réouverture “immédiate” des frontières. “Les chiffres de l’infection sont désormais en baisse et les différences entre régions se sont réduites: les mesures aux frontières ne peuvent plus, dès lors, être justifiées par la protection de la santé”, argumentent-t-ils dans une déclaration samedi, soulignant que de part et d’autre, des mesures d’hygiène et de distanciation sociale ont été mises en place pour combattre le virus.

Après plus de sept semaines, il faut retirer les grillages et les barrières au coeur de l’Europe!”, clament-ils.

Les restrictions frontalières, mises en place mi-mars, doivent durer jusqu’au 15 mai. Ces mesures “ont aidé à endiguer l’infection” en Allemagne, a justifié le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer dans un entretien au journal populaire Bild, rappelant qu’une décision sur leur prolongement ou non doit être prise la semaine prochaine.

Des discussions ont lieu avec les régions et les pays voisins afin de coordonner au mieux la réouverture. Il s’agit aussi d’éviter un afflux de frontaliers dans les magasins allemands, comme au début de la pandémie, a pointé le directeur de la chancellerie Helge Braun.

Depuis plusieurs jours, de nombreuses voix s’élèvent en Allemagne pour lever au plus vite les restrictions, aussi bien dans le camps des conservateurs que des sociaux-démocrates, alliés au gouvernement d’Angela Merkel. Tobias Hans (CDU), chef du gouvernement de la Sarre, petit Etat frontalier de la France, a réclamé lui aussi la fin des contrôles dès lundi.

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