
Un couvre-feu avancé de deux heures, à partir de 18h00, est envisagé à compter du 2 janvier pour les territoires les plus touchés par l’épidémie de Covid-19, a annoncé mardi le ministre de la Santé Olivier Véran lors du journal télévisé de France 2.
“Nous allons proposer une extension du couvre-feu, qui au lieu de démarrer à 20h00, démarrera à 18h00 dans l’ensemble des territoires dans lesquels ça s’avèrera nécessaire (...) des départements, des métropoles (...), dans lesquels le taux d’incidence serait au-dessus du seuil d’alerte maximale”, a indiqué M. Véran, excluant l’option d’un nouveau confinement local ou généralisé.
Une concertation va démarrer avec les dirigeants des régions et départements les plus touchés par l’épidémie (Grand-Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne Franche-Comté et Alpes-Maritimes).
Le Grand Est, la région la plus endeuillée au début de l’épidémie de Covid-19, avait été relativement épargné au début de la deuxième vague. Mais depuis décembre, le Grand Est a vu ses craintes devenir réalité : les voyants des indicateurs épidémiologiques virent à nouveau au rouge sombre. “Trois territoires nous inquiètent : la région Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté et le département des Alpes-Maritimes”, avait admis le ministre de la Santé, Olivier Véran, dans un entretien accordé au JDD dimanche 27 décembre.

Au niveau national, le nombre des personnes hospitalisées et des cas graves en réanimation à cause du Covid-19 est reparti à la hausse (24.645 et 2.694 selon les chiffres de lundi).
Le nombre de nouveaux cas détectés chaque jour est de 12.000 en moyenne sur les sept derniers jours, loin de l’objectif des 5.000 fixé par le gouvernement.
Après les brassages de population des vacances de Noël, des professionnels de santé veulent des mesures strictes pour éviter une explosion de l’épidémie en janvier.
“Il faudrait revenir à un confinement tel qu’on l’a connu le 16 mars (...) mais pour une durée beaucoup plus courte, d’une quinzaine de jours à trois semaines maximum”, a estimé sur RTL le Pr Djillali Annane, chef du service de réanimation à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches.
Mais un confinement national est une décision difficile à prendre, qu’il soit strict comme celui de mars à mai ou plus souple comme celui de novembre/mi-décembre.
Il faut “éviter absolument” un troisième confinement, qui “serait un très très gros problème, non seulement économique mais aussi psychologique, éducatif, culturel”, a estimé sur Cnews l’ex-ministre socialiste Ségolène Royal, qui souhaite “du sur-mesure” pour les “régions les plus touchées”.