CoronavirusMoselle: "On essaie d'anticiper les pires situations"

Romain Van Dyck
La propagation du coronavirus en Moselle et dans le Grand Est est préoccupante, mais tout est fait pour la contrôler et anticiper le pire, plaident des professionnels de santé et des élus.
© AFP

LE BILAN

Le dernier bilan dans la région Grand Est fait état de cinq décès et de 464 contaminations avérées liées au coronavirus. Si le Haut-Rhin représente plus de la moitié des cas, “sans surprise, notre département n’est pas épargné” constate le préfet de Moselle, Didier Martin, qui organisait ce mercredi une conférence de presse avec d’autres élus et professionnels de santé. Il précise que 47 personnes ont été recensées positives au Covid-19. Parmi ces personnes, une douzaine sont hospitalisées, les autres ont été soignées et ont pu rentrer chez elles.

LE GRAND EST, RÉGION LA PLUS TOUCHÉE DE FRANCE

Le fait que le Grand Est vient d’être déclaré “zone à risque” (selon une agence allemande de lutte contre les maladies) préoccupe Christophe Lannelongue, directeur général de l’Agence régionale de Santé (ARS), car cela ne représente pas selon lui la réalité du terrain: “en dehors du Haut-Rhin où le nombre de cas est effectivement important, dans les autres départements le nombre de cas est limité, donc il faut raison garder”.

LES PRIORITÉS

Christophe Lannelongue poursuit: “il ne suffit pas de soigner les malades, il faut des mesures-barrières fortes. On essaie d’anticiper les pires situations qui pourraient se produire, par exemple une saturation du CHR, un manque de respirateurs... On fait l’hypothèse du pire, quelques semaines à l’avance. La forte mortalité en Italie a traduit un manque d’accueil des cas graves. C’est ce qu’on veut éviter chez nous.” De plus, “À la différence de la Chine, la France veut avoir une réaction proportionnée et progressive, car on essaie aussi de préserver au maximum l’activité économique et sociale.
Il cite quatre points cruciaux:

  • Le Centre 15 (Samu) est “terriblement sous pression”, “on fait tout pour le renforcer avec des effectifs supérieurs”.
  • Pour réaliser les tests de dépistage du coronavirus, “On a maintenant un centre de test au CHR de Metz et on ne dépend plus de celui de Nancy, et on regarde pour engager des labos privés”.
  • Des mesures sont prises pour engager la médecine de ville, protéger les professionnels, leur fournir les équipements nécessaires (masques, etc.), solliciter les pharmaciens, infirmiers, etc...
  • Accentuer les capacités en réanimation.

LES ÉCOLES ET LES LYCÉES

Jean Marc Huart, recteur de la région académique Grand Est, commence par rassurer les parents et leurs enfants: “Le virus n’est pas, ou très rarement grave pour les enfants, et a un impact très limité chez les ados et les jeunes adultes.” Et les cas sont marginaux pour l’instant: “Le seul cas qui a été recensé dans notre région académique, c’est dans une école de Woippy, une classe a été fermée car la professeure des écoles a été testée positive”.

Évidemment, cette faible incidence chez les enfants n’empêche pas l’académie de tout mettre en œuvre pour empêcher le virus de se propager. “On est extrêmement réactif, mais on veut se baser sur des données vérifiées, pas sur des rumeurs.” L’académie se dit même prête à proposer des solutions d’enseignement à distance, avec prêt de matériel pour ceux qui n’ont pas de dispositifs informatiques à la maison, pour maintenir la scolarité en cas de fermetures d’écoles et de lycées. “Encore une fois, il ne s’agit à l’heure actuel que d’anticipation, mais si jamais on en a besoin, on sera prêt”.

“TOUT EST SOUS CONTRÔLE”

Reste que de nombreux secteurs d’activité subissent l’effet coronavirus. L’événementiel notamment, qui après avoir s’être vu interdire les rassemblements de plus de 5.000 personnes, doit désormais tirer un tarit sur ceux de plus de 1.000 personnes (en milieux confinés ou à l’air libre).

Pour la ligue 1 et le FC Metz par exemple, cela signifie des matchs à huis clos, et pour les clubs amateurs, le report des matchs... “Les transporteurs, les traiteurs”, et d’autres secteurs économiques sont fortement impactés, énumère Didier Martin. Au niveau des élections municipales, une souplesse a été garantie aux municipalités, par exemple pour qu’elles puissent utiliser des salles des fêtes plutôt que des pièces plus confinées, donc plus risquées, pour accueillir les bureaux de vote.

En résumé, “Tout est sous contrôle pour que l’impact soit minime pour les Mosellans et les Mosellanes” conclut le préfet.

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