"J'aurais dû me laisser bouffer?"L'homme qui a abattu le chien d'un voisin témoigne

Thomas Toussaint
Samedi 15 octobre, un habitant de Rédange a abattu dans la rue le chien d'un voisin. Il assure que l'animal s'en est pris à lui.

C’est une journée calme qui a viré au drame à Rédange, à la frontière franco-luxembourgeoise. Le week-end dernier, un habitant de la commune a tiré sur un chien du voisinage laissé en liberté dans la rue.

Un fait divers parmi d’autres qui remonte dans la presse. Face au bruit médiatique, et après avoir reçu “des menaces de mort”, l’homme a joint la rédaction pour expliquer son geste. Il affirme qu’il n’entretenait pas de mauvaises relations avec ses voisins. Surtout, le quinquagénaire assure ne pas avoir prémédité son geste. Mais il dénonce le comportement du chien, qui se serait montré menaçant à plusieurs reprises et avait fait irruption sur son terrain.

Ce samedi là, ce n’est d’ailleurs pas un mais deux chiens qui se sont introduits sur son terrain et sont venus “jusque devant la porte-fenêtre”, témoigne-t-il. “Que se serait-il passé si ma compagne et mon chien (qu’il décrit comme “petit”, ndlr) avaient été dehors?” lance-t-il. Le couple tente donc de leur ouvrir le portail pour les faire sortir. En vain.

L’homme prend finalement la décision d’aller sonner chez les propriétaires des deux canidés. Mais préfère sortir de chez lui avec une “sécurité": un pistolet, qu’il détient légalement. Chez ses voisins, il trouve toutefois le portillon du terrain fermé. “Que faisaient les chiens seuls dehors?” s’agace-t-il.

Selon son témoignage, c’est à ce moment que les deux chiens sont venus vers lui. Si l’un s’est montré inoffensif, l’autre, un beauceron-bouvier plutôt imposant, l’a attaqué, confirme-t-il. Il décide donc de sortir son arme et de l’abattre. “Je sais que ce n’est pas bien, je ne voulais évidemment pas lui faire du mal. Mais je me suis retrouvé seul, j’aurais dû me laisser bouffer?” C’est ensuite lui qui a contacté la gendarmerie.

Comme l’explique le Républicain Lorrain, le propriétaire du chien a déposé plainte. Ainsi que deux associations de protection animale. Le parquet de Thionville est en charge de l’affaire.

S’il venait à être condamné, le quinquagénaire risque jusqu’à 3 ans de prison et de 45.000 euros d’amende. “J’assume mon geste, je vais payer” dit-il. “Mais je préfère ça plutôt qu’une attaque sur mon épouse et mon petit chien.”

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