Une voiture a foncé sur une foule se rassemblant pour participer à un carnaval tôt dimanche matin à Strépy-Bracquegnies, dans le Sud de la Belgique.
Selon le dernier bilan des autorités, au moins six personnes ont été tuées et 26 ont été blessées, dont dix grièvement.
L’accident s’est produit vers 05H00 à Strépy-Bracquegnies, village dépendant de la ville de La Louvière non loin de la frontière française. “Une voiture roulant à grande vitesse a foncé sur la foule qui s’était rassemblée pour assister (au carnaval)”, a indiqué à l’agence de presse Belga Jacques Gobert, maire de La Louvière. “Il y avait entre 150 et 200 personnes” lors du ramassage, a précisé le maire durant la conférence de presse. Le véhicule est arrivé à grande vitesse et a “pulvérisé un nombre important de personnes”.
Selon M. Verheyen, substitut du procureur du Roi de Mons, “un véhicule a foncé dans un groupe de ramassage” de personnes costumées en Gilles pour le carnaval et “on déplore six décès, 26 blessés à des stades divers” dont “10 personnes dont les jours sont actuellement en danger”.
En Belgique, villes et villages organisent de nombreux défilés de rues pour le Carnaval pendant le Carême, les plus connus à Binche et Alost. Comme celui de Binche, le carnaval de Strépy-Bracquegnies accueille des participants costumés, les “Gilles”, convoqués tôt pour participer au défilé.

“La voiture était occupée par deux personnes qui ont été interpellées.” Selon la presse, les deux hommes sont deux cousins âgés de 32 et 34 ans prénommés Paolo et Nino, qui étaient de retour de discothèque et sont originaires de La Louvière.
Les deux occupants du véhicule doivent être présentés à une juge d’instruction lundi et leurs analyses toxicologiques sont en cours, a indiqué le procureur de Mons.
L’un des deux occupants de la voiture avait un éthylotest positif, mais il ne s’agit “apparemment pas” du chauffeur, selon le procureur général de Mons, Ignacio de la Serna, lors d’une interview sur la radio Bel RTL. Des prises de sang doivent permettre de confirmer ce test et de vérifier la consommation de drogues, a-t-il précisé, citant l’ecstasy.
Les autorités ont exclu à ce stade la thèse d’un attentat. Les deux occupants de la voiture, qui ont été entendus une première fois par les enquêteurs, n’ont pas “pour l’instant” donné “vraiment d’explications”, selon M. de la Serna.
“On a des informations (selon lesquelles) ce sont des personnes qui aiment bien les voitures et la vitesse, mais cela reste assez flou (...) En 2017, l’un des deux a fait l’objet d’un retrait de permis, mais a repassé les examens après”, a poursuivi le procureur.
Les enquêteurs veulent aussi vérifier que le passager n’a pas remplacé le conducteur, “puisque le véhicule s’est arrêté” plus loin après avoir percuté le groupe.
L’enquête a été ouverte pour “meurtre": “Ce qui est quand même très surprenant, c’est la vitesse et l’absence de freinage”, a commenté le procureur. Mais la juge d’instruction, qui doit auditionner les deux occupants de la voiture ce lundi, peut choisir de retenir une autre qualification, a-t-il ajouté.
Une équipe spécialisée examine la voiture “à la loupe” et notamment ses composants électroniques, puisqu’il s’agit d’un “véhicule assez neuf”, et “qui pourra expliquer pas mal de choses”, a poursuivi M. de la Serna.
“Je marchais à côté”, a raconté un témoin, Théo, à la télévision publique belge RTBF. “Je me suis retourné et j’ai vu une voiture qui fonçait dans la troupe”. “Elle est arrivée très vite et n’a pas freiné. Elle a continué et elle a embarqué un Gille 100 mètres plus loin”, a poursuivi le jeune homme. “Il y avait plein de gens à terre”.
“Il était aux alentours de 3h30. J’étais avec des amis, on remontait pour aller vers la salle omnisport de Bracquegnies. La société des Boute-en-Train avait commencé à faire le cortège, on a pris des gens au ramassage et on s’est arrêté devant les habitations”, relate Loan, un témoin.

Puis, tout d’un coup, les choses ont pris une tournure inattendue : “Une voiture est sortie de n’importe où, on ne l’a même pas vue arriver. On n’était pas loin d’une centaine de personnes, je dirais. Et il a foncé dans la foule. Cet individu a fait demi-tour et il a percuté d’autres personnes”, raconte le Louvièrois, choqué.
“C’était vraiment la panique. Nous, on a essayé de faire ce qu’on a pu. Il y avait une gamine juste-là, à deux doigts de passer sous les roues de la voiture. J’ai eu le temps de la prendre et la jeter dans l’herbe. Elle n’aurait peut-être plus été là sinon. C’était traumatisant”, confie Loan.