
La Belgique et le Luxembourg l’ont, mais la France devra s’en passer. Cette semaine sur France 2, le président Emmanuel Macron a repoussé la possibilité de réinstaurer l’indexation des salaires sur l’inflation.
Le mécanisme a bien existé en France mais a été abandonné dans les années 80. Depuis, le salaire minimum est indexé, mais les salaires ne le sont plus. En ces temps d’inflation, la question d’un retour de l’index se pose pour défendre le pouvoir d’achat. “Si on veut créer de l’emploi et faire que celles et ceux qui travaillent vivent dignement, la solution n’est pas de réindexer les salaires sur l’inflation. Je vous le dis très clairement” a répondu fermement le président.
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Emmanuel Macron a justifié sa position par la crainte d’un cercle “prix-salaires”: le coût de la vie augmente, donc les salaires augmentent, puis les prix suivent, et ainsi de suite. “Si on met toute la chaîne des salaires sur une indexation automatique, qu’est-ce qu’on fait? On entretient la hausse des prix et on a une boucle prix-salaires. Et on ne l’arrête plus” a-t-il assuré.
Capable de soutenir le pouvoir d’achat des salariés, l’index est au cœur des discussions politiques depuis plusieurs mois au Luxembourg. C’est même lui qui a servi de déclencheur aux dernières tripartites.
Celle du printemps 2022 a servi à repousser l’index de juillet. Il sera payé en avril 2023. Et celle de septembre a conduit le gouvernement luxembourgeois a mettre en place plusieurs mesures pour réguler les prix de l’énergie et l’inflation. De quoi repousser le prochain index et soulager les entreprises qui doivent payer les salaires.
Vantant la “France du travail”, Emmanuel Macron a donc choisi d’orienter sa politique vers le plein emploi. Et a dit laisser les salariés et les entreprises mener des “négociations salariales”, qu’il espère être le moyen de “partager la valeur” qui est créée “quand les choses vont bien”. D’ici là, l’État devra continuer à soutenir les moins aisés avec des mesures plus ciblées sur le prix de l’énergie notamment.