
Vous aussi, vous avez remarqué que les sommes de vos tickets de caisse sont de plus en plus élevées depuis le début du confinement? Ce n’est pas une illusion et ce n’est plus, désormais, lié à une consommation excessive constatée lors des premiers jours de panique générale. Dans une nouvelle enquête publiée hier, l’Union fédérale des consommateurs Que Choisir confirme une flambée des prix concernant certains produits alimentaires, mais pas seulement.
Ainsi, le prix des fruits et des légumes a bondi de 3% à 12%: cela s’observe davantage sur les produits bio que les produits conventionnels, a affirmé Grégory Caret, directeur de l’Observatoire de la consommation pour UFC Que Choisir. Aucun fruit ou légume n’est épargné par cette inflation, a-t-il ajouté. Si l’intégralité des produits n’a pas été passée au crible par l’association, les relevés ont été effectués dans plus de 4.600 drive sur 116.000 prix, rapporte Le Parisien.
Dans le détail, entre la semaine du 2 mars et celle du 6 avril, les tomates en grappe bio coûtent en moyenne 25 % de plus qu’avant (soit plus d’un euro, et un prix actuel de 5,32€/kg), les bananes et les pamplemousses ont flambé de 12%, les citrons verts bio de 11%...
Ces différentes hausses s’expliquent par la raréfaction de ces produits, les agriculteurs n’arrivant pas à suivre le rythme de la demande. “L’Italie et la Pologne, qui exportaient beaucoup chez nous, ont fermé leurs frontières”, ajoute Grégory Caret.
Face à la raréfaction de certaines denrées dans les commerces, les consommateurs se tournent d’ailleurs de plus en plus vers la vente directe et les producteurs locaux. Ce qui profite aux AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), lesquelles proposent des paniers frais chaque semaine.
La hausse du ticket de caisse moyen est également marquée pour les pâtes (+5 % pour la semaine du 6 au 11 avril, par rapport à la semaine du 2 au 6 mars) et le lait (+4 %), mais elle est plus faible pour le riz et les œufs (+2 %), et le jambon (+1 %), précise l’étude d’UFC Que Choisir.
La hausse du panier moyen (légumes et autres) est estimé à 2,5 % pour les Français depuis le début du confinement.
Mais cette hausse des prix est également fortement liée à la pénurie de certains produits: les premiers clients ont tendance à acheter en premier lieu les produits les moins chers, ce qui entraîne des ruptures de stock. Les clients suivants sont alors contraints de se rabattre sur des produits plus coûteux. En d’autre terme, si le ticket de caisse voit son prix augmenter, c’est aussi parce que les clients achètent des produits plus chers qu’avant la crise, faute de choix.
La nouvelle étude d’UFC Que Choisir montre ainsi un déficit de gels hydroalcooliques (-74% du nombre de références en drive), de lingettes pour la maison (-55 %), de pain de mie (-51 %), de farine (-38 %) et de savons (-37 %).
En revanche, les ruptures de stock de papier toilette sont de l’histoire ancienne: son prix a même chuté de 25 % !