
Un printemps à vite oublier pour le Parc merveilleux de Bettembourg qui n’a même pas pu ouvrir ses portes cette année. Confinement oblige, pas un seul visiteur ne s’est promené dans les allées du zoo en 2020. La saison devait débuter le 29 mars mais l’épidémie de Covid-19 a tout gâché. Et contrairement à un restaurant ou une boutique, qui ferme simplement ses portes, un parc animalier à des frais fixes. Les soigneurs continuent à nourrir et à s’occuper des animaux tous les jours.
Le chargé de direction du Parc Merveilleux, Marc Neu, explique qu’avec la météo de ce printemps, le parc devrait être à au moins 100.000 visiteurs. “À 7 euros l’entrée, c’est déjà 700.000 euros de perdus, sans compter tout ce que rapportent normalement les manèges, la boutique et le restaurant”.
“Le parc n’est ouvert que 6 mois par an, et avec les recettes, il faut faire vivre l’entreprise et sa vingtaine de salariés toute l’année”. Et comble de malchance, 17 saisonniers venaient d’être engagés, juste avant le confinement. “Ils sont restés à la maison” explique, amer, Marc Neu.

Le parc de Bettembourg a tout de même trouvé un moyen original pour faire face à l’absence de recettes. Il propose de parrainer ses animaux!
Sur cette page, il vous suffit de choisir votre animal préféré dans une liste pour contribuer à ses frais de nourriture et d’entretien pour une année. Les prix vont de 30 euros pour un suricate ou une roussette d’Egypte, jusqu’à 300 euros pour un crocodile…Vous recevrez votre certificat de parrainage accompagné de la facture, et votre nom sera ensuite affiché sur une plaquette au tableau des parrains.
La situation est difficile aussi au Parc animalier de Sainte-Croix, à Rhodes en Moselle. “C’est un peu la double peine”, souligne Clément Leroux, directeur de la communication du parc. Des frais incompressibles pour entretenir les 120 hectares du parc, nourrir et soigner les animaux et cela sans aucune entrée d’argent.
Le parc de Sainte-Croix emploie habituellement 50 personnes de façon permanente, parmi-eux, une vingtaine travaille. “Notre priorité est le bien-être de nos animaux, et cette fermeture tombe d’autant plus mal qu’elle intervient en pleine période des naissances” explique Clément Leroux. “Le parc compte environ 300 naissances chaque année, et cela entraîne des frais de vaccins, de puçage, et un surcroît de travail pour les équipes vétérinaires”.
Le parc de Sainte-Croix est solide, mais pour ses 40 ans, il traverse des moments difficiles. “Beaucoup de clients fidèles nous demandent comment nous soutenir” explique Clément Leroux. “Déjà en anticipant vos achats ou vos réservations”.
Mais le parc intervient aussi dans la préservation de la biodiversité, la sensibilisation, l’éducation, la recherche et la conservation. Et là encore c’est possible de les soutenir, en aidant le fonds de dotation Sainte-Croix biodiversité. Et comme au Parc de Bettembourg, il est possible également de parrainer un animal à partir de 45 euros par an. Loups, ours, lynx ou panda roux...les fonds récoltés sont reversés à des associations qui luttent pour la préservation de ces espèces en milieu sauvage.
Le directeur du Zoo d’Amnéville, Michel Louis, annonce d’emblée ce que lui coûte le confinement: “C’est 12.000 euros de frais incompressibles chaque jour”. Entre les salaires des équipes de soigneurs, les frais d’entretien et de nourriture des animaux, ça chiffre vite. Les équipes commerciales sont en chômage partiel, comme une grande partie des employés administratifs. Mais les équipes vétérinaires et certains techniciens du zoo travaillent et il faut bien les payer.
“Il y a bien les prêts garantis par l’État et des aides annoncées, mais la situation est dramatique”. Dans le cadre d’un budget de crise voté pour faire face à l’épidémie du Covid-19, l’État français a prévu un accompagnement financier de 19 millions d’euros des parcs zoologiques, cirques et refuges au titre de l’alimentation et des soins prodigués aux animaux. Mais ça risque d’être bien trop peu pour couvrir les pertes.
Et à Amnéville, comme ailleurs, on ne sait pas quand cette situation dramatique prendra fin. “On évoque les dates du 15 juin pour les réouvertures de parcs, et du 15 juillet pour les spectacles, mais il ne s’agit que de suppositions pour l’instant” conclut Michel Louis.