Les restrictions sanitaires valables jusqu’au 25 avril au Luxembourg et le confinement nettement plus strict en vigueur jusqu’au 2 mai en France incitent certains habitants de la Grande Région à comparer et à se rendre de l’autre côté de la frontière. Même si la vie d’avant-Covid semble encore bien loin au Luxembourg, la réouverture des terrasses (de 6 h à 18 h) il y a une semaine, ou du Parc merveilleux (uniquement sur réservation) ressemblent à une bouffée d’oxygène encore inaccessible côté lorrain.
Pour limiter la diffusion du virus sur le territoire mais aussi dans les zones frontalières, les déplacements sont nettement limités en France depuis le soir du 5 avril. Mosellans et Meurthe-et-Mosellans ne peuvent pas aller très loin de chez eux. Pour leurs loisirs ils peuvent se déplacer dans une limite de 10 km de leur résidence. Pour leurs achats ils doivent rester dans leur département.
Comme depuis plus d’un an, les frontaliers français qui travaillent au Luxembourg, continuent de pouvoir traverser la frontière à la condition d’être en mesure de présenter le justificatif de déplacement professionnel fourni par leur employeur. Comme eux, les Lorrains qui ne travaillent pas au Grand-Duché mais qui vivent à moins de 30 km de la frontière franco-luxembourgeoise peuvent en toute légalité se rendre au Luxembourg.

“C’est le cas pour les gens de Thionville par exemple qui peuvent continuer à faire des achats au Luxembourg. Mais les personnes qui habitent à Metz, sont à plus de 30 km de la frontières franco-luxembourgeoise, et donc ne doivent pas venir au Luxembourg”, pose clairement Laurent Touvet, le Préfet de la Moselle.
Les habitants de Thionville mais aussi d’Amnéville et même de Maizières-lès-Metz par exemple, peuvent se rendre au Luxembourg. Ils n’ont pas besoin de présenter un test PCR négatif (comme c’est le cas dans le sens inverse) mais doivent impérativement se munir de l‘attestation de déplacement dérogatoire et d’une pièce justifiant leur lieu de domiciliation.
Les déplacement pour motif familial impérieux, faire des achats ou consulter au Luxembourg sont donc possible mais “ce n’est pas conseillé, parce qu’il vaut mieux rester chez soi. Rester dans son cercle habituel de connaissances, d’achats de déplacements”, rappelle le Préfet de Moselle.
L’idée étant toujours de casser la transmission du virus. D’autant que la circulation reste critique dans le Grand Est avec un taux d’incidence de 301,4 pour 100.000 habitants entre le 3 et le 9 avril selon le bilan publié lundi par l’Agence régionale de Santé Grand Est.
D’où les contrôles renforcés annoncés en fin de semaine en France qui ont conduit, samedi, les autorités françaises à verbaliser 17 personnes pour absence d’attestation de déplacement lors d’un vaste contrôle mené sur l’A31 à hauteur de Kanfen.
“C’est pour faire comprendre aux Français que le temps n’est pas encore venu d’aller sur les terrasses au Luxembourg. Parce que le virus est encore davantage présent en France qu’il ne l’est au Luxembourg”, a clairement expliqué le Préfet au micro de RTL. Son objectif: faire “diminuer franchement” les chiffres de la pandémie en limitant au maximum les déplacements qui ne sont pas nécessaires.