Affaire MiaLe parquet de Nancy se dessaisit au profit du pôle antiterroriste de Paris

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L'enlèvement de la petite Mia dans les Vosges en avril 2021 n'était qu'une des facettes d'un "plan d'actions violentes" menées par un groupuscule d'ultradroite baptisé "DW Renversement".
© SEBASTIEN BOZON / AFP

Le parquet de Nancy a ainsi demandé jeudi aux juges d’instructions nancéiens de se dessaisir de l’affaire au profit du pôle antiterroriste du tribunal judiciaire de Paris.

“Il est en effet apparu (...) que ces agissements (l’enlèvement de Mia, NDLR) faisaient partie intégrante du plan d’actions violentes du groupuscule d’ultra droite baptisé +DW Renversement+ visant l’État et ses représentations”, a précisé le procureur de la République, François Pérain, dans un communiqué.

“En concertation avec le parquet national antiterroriste”, la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Nancy a donc demandé aux juges du pôle antiterroriste du tribunal judiciaire de Paris de reprendre cette affaire qui avait eu un fort retentissement.

“L’objectif est en effet de joindre ces faits à ceux déjà instruits au pôle antiterroriste du tribunal judiciaire de Paris, considérant que les enlèvements d’enfants placés faisaient partie intégrante du plan d’actions violentes” de ce groupuscule, a ajouté le Parquet national antiterroriste joint par l’AFP.

L’avocat de Rémy Daillet, figure des milieux complotistes soupçonné d’avoir organisé à distance l’enlèvement de Mia et d’être le “cerveau” de ce groupuscule, a dénoncé “un tour de passe-passe judiciaire en forme de coup de force”.

“DOSSIERS DÉSESPÉRÉMENT VIDES”

“La justice française s’apprête donc à en faire un dossier terroriste dans le but de donner de la substance à deux dossiers désespérément vides contre Rémy Daillet et de préparer sa condamnation à raison de ses idées politiques sous le prétexte du terrorisme”, a ajouté Me Jean-Christophe Basson-Larbi, dans un communiqué transmis à l’AFP. Son client est aussi mis en examen dans un dossier terroriste d’ultradroite.

Les juges d’instruction rendront leur décision “dans un délai compris entre huit jours et un mois”, a précisé le parquet de Nancy, une décision ensuite “susceptible d’être contestée devant la chambre criminelle de la Cour de cassation dans un délai de cinq jours”.

La petite Mia, huit ans à l’époque, résidait chez sa grand-mère dans les Vosges quand elle avait été enlevée le 13 avril 2021 par plusieurs hommes à la demande de sa mère, qui n’en n’avait plus la garde et n’avait plus le droit de la voir seule.

La mère et la fillette avaient été retrouvées saines et sauves cinq jours plus tard dans un squat en Suisse. Sa mère, Lola Montemaggi, 28 ans, avait été interpellée et mise en examen pour “enlèvement de mineur de 15 ans en bande organisée” et “soustraction de mineur par ascendant hors du territoire de la République”.

D’abord placée en détention provisoire, elle a été remise en liberté sous contrôle judiciaire en septembre.

Rémy Daillet, avait lui été inculpé et écroué mi-juin notamment pour complicité d’enlèvement d’un mineur de 15 ans en bande organisée et association de malfaiteur en vue de commettre le crime d’enlèvement de mineur de quinze ans en bande organisée.

“COUP D’ÉTAT”

Il avait été arrêté fin mai 2021 sur l’île touristique malaisienne de Langkawi où il résidait avec sa compagne et leurs trois enfants: la Malaisie les avait expulsés vers la France car leurs visas étaient expirés.

Au total, onze personnes ont été mises en examen dans cette affaire.

Rémy Daillet, ancien cadre du Modem aujourd’hui âgé de 55 ans, a aussi été mis en examen le 22 octobre pour “association de malfaiteurs terroriste criminelle": il est soupçonné d’être “le cerveau” d’un groupe d’ultradroite projetant des actions violentes et un “coup d’Etat” contre le gouvernement.

Dans ce second dossier, quinze personnes aux profils divers, ex-militaire, ingénieur chimiste, ex-candidat FN aux législatives, agent de sécurité ou intermittent du spectacle appartenant à l’ultradroite, ont été mises en examen.

Une information judiciaire avait été ouverte en mai 2021 après de premières interpellations liées à un groupuscule à l’idéologie néonazie, “Honneur et nation”, et s’était élargie à des soupçons de “projets de coups d’Etat et d’autres actions violentes”.

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