
En termes de surmortalité - c’est-à-dire de décès supplémentaires par rapport à une période “normale” - le Grand Est est la 2e région la plus touchée de France.
Ce constat est tiré des données collectées par l’Insee, qui a comparé le nombre de décès enregistrés entre le 2 mars et le 10 mai avec le nombre moyen de décès survenus les années précédentes. “Au total, 15.240 décès ont été enregistrés contre 10.300 en moyenne pour la même période entre 2015 et 2019" écrivent les chercheurs de l’Insee.
Le territoire étant très grand et hétérogène, tous les départements n’ont pas été touchés de la même manière. Ainsi, le nombre de décès a légèrement augmenté dans les Ardennes (+7%) mais a explosé dans le Haut-Rhin (+113%). Le département est le seul de la région où le nombre de décès a été multiplié par plus de deux. Viennent ensuite le Bas-Rhin et les Vosges (+58%), puis la Moselle (+47%).

Toujours d’après l’Insee, cette surmortalité ne s’est pas produite partout et au même moment. Ainsi, celle-ci a été “plus forte et précoce” dans le Haut-Rhin (les décès ont été multipliés par quatre la semaine du 23 mars) tandis que les pics ont été enregistrés une voire deux semaines plus tard dans les autres départements.
Autre constat de l’Insee: les effets de la crise sur les personnes âgées. En effet, la surmortalité est très faible voire nulle chez les moins de 50 ans.“En revanche, à partir de 50 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes, l’excès de mortalité est important, que ce soit en termes absolus ou relatifs” détaille l’institut de statistiques, diagramme à l’appui.

Enfin, l’Insee constate que les communes les plus denses sont globalement plus touchées par la surmortalité. Celle-ci est même décroissante est analogue à la densité des communes. “Toutefois, il est possible qu’une partie de la relation entre densité et surmortalité soit liée au fait que les cas initiaux aient d’abord transité par les grands centres urbains, comme cela a été le cas à Mulhouse par exemple” note l’Insee.