Opposition aux mesures sanitairesLe "convoi de la liberté" démarre en France, il passera bientôt par la Lorraine

Romain Van Dyck
Le mouvement initié au Canada fait des émules un peu partout en Europe: les opposants aux mesures sanitaires sont appelés à participer à un convoi visant à rallier Paris puis Bruxelles.
La circulation sur les principaux axes du Grand Est pourrait être perturbée par ce
La circulation sur les principaux axes du Grand Est pourrait être perturbée par ce
© Archives RTL (Domingos Oliveira)

À l’image des routiers canadiens opposés aux mesures sanitaires, une page Facebook a été créée pour organiser un “convoi de la liberté” vers Paris et Bruxelles.

Depuis plusieurs jours, des milliers de personnes et des centaines de camions bloquent le centre de la capitale Ottawa au Canada, pour protester contre les mesures sanitaires.

En France, un mouvement similaire est en préparation. Une page Facebook intitulée “Le convoi de la liberté”, comme le nom du mouvement canadien, compte déjà plus de 190 000 abonnés. Créé le 26 janvier dernier, elle vise à regrouper des opposants aux vaccins contre le Covid-19 et aux restrictions sanitaires.

L’objectif de ce rassemblement qui concerne le France et d’autres pays européens est de converger le 14 février prochain vers Bruxelles. Sur Twitter, le mot-clé "#ConvoidelaLiberte” a été lancé, avec ses versions anglophones “FreedomConvoy2022" et “Freedomconvoyeurope2022".

Les opposants sont invités à rejoindre le convoi avec leur camion, leur voiture, leur camping-car ou leur moto.

Six “convois” de co-voiturage ou de particuliers à bord de leurs propres véhicules sont annoncés dès mercredi au départ notamment de Bayonne, Nice, Strasbourg ou encore Cherbourg. Sur certaines publications, on voit que des points de ralliements ont été fixés à Metz et à Nancy.

Nous emprunterons les axes de circulation secondaire à une vitesse de conduite entre 50 et 80 km/h” précise les organisateurs qui appellent les participants à rester “pacifiques indépendamment des obstacles rencontrés.

Ces manifestants doivent rallier Paris vendredi dans la soirée, sans qu’aucun lieu précis de regroupement ne soit mentionné. Certains appellent ensuite à rejoindre Bruxelles pour une “convergence européenne” le lundi 14 février.

S’agit-il d’une action de blocage à proprement parler? “Chacun est libre”, mais Convoy France n’appelle pas directement à une action de regroupement ou de blocage, a insisté dimanche dans un tchat vidéo Marisa, porte-parole de ce nouveau mouvement.

UN PREMIER CONVOI INTERCEPTÉ LUNDI

Cette initiative est prise au sérieux par les autorités”, a indiqué à l’AFP une source policière qui annonce “des dispositifs de vigilance”.

L’évaluation de la menace potentielle fait cependant encore l’objet d’analyses par les services de renseignement, compte tenu du contexte électoral et de la volonté de jouer le mimétisme avec le mouvement canadien”, a ajouté cette source.

Lundi matin, un premier convoi d’une trentaine de manifestants qui tentait de rejoindre la capitale à bord de leurs véhicules a été intercepté entre l’Essonne et la Seine-et-Marne “dans le calme”, par les forces de l’ordre, a appris l’AFP.

Sur les tchats consultés par l’AFP quelques messages mentionnaient des actions possibles, notamment sur le périphérique parisien.

Mais la majorité des participants proposaient plutôt des moments de convivialité à travers une distribution de repas ou de l’hébergement sur la route.

Au Canada, un mouvement de contestation initié par des camionneurs, pour qui le vaccin est obligatoire afin de traverser la frontière avec les États-Unis, paralyse depuis plus d’une semaine la capitale Ottawa.

En France, la plupart des participants à cette déclinaison française du mouvement sont proches des mobilisations des “gilets jaunes” et veulent trouver “une nouvelle manière d’exprimer leur ras-le-bol général”, au-delà des manifestations locales, a indiqué à l’AFP un organisateur qui a requis l’anonymat. Mais il ne s’agit pas d’une mobilisation des chauffeurs routiers, a insisté cette source.

Deux syndicats du secteur du transport routier, FO et la CFTC ont confirmé à l’AFP n’être aucunement associés à ce mouvement.

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