Si l’on essayait d’être schématique, on dirait que l’Allemagne et le Luxembourg s’en sortent plutôt bien dans cette pandémie tandis que la France — en particulier le Grand Est — et la Belgique comptent parmi les pays les plus touchés.
Difficile, dès lors, de coordonner un déconfinement “sans frontières”. Et pourtant, la disparition de ces frontières est bien une spécificité de notre Grande Région. Corinne Cahen, ministre luxembourgeoise de ladite Grande Région, l’a encore répété le 28 avril dernier à l’issue d’une vidéoconférence initiée par Tobias Hans, Ministre-Président de la Sarre: “Dans notre Grande Région, où on vit l’Europe au quotidien, les fermetures des frontières n’ont pas qu’une valeur symbolique, mais causent de profonds bouleversements dans la vie de nos citoyens. Cette crise sanitaire a démontré, plus que jamais, à quel point la coopération transfrontalière est importante. La coordination avec nos voisins est cruciale pour sortir du confinement.”
Ces belles idées n’ont pas empêché Berlin de décider de la prolongation de la fermeture de ses frontières jusqu’au 15 mai . Les communes luxembourgeoises limitrophes de l’Allemagne ont d’ailleurs mis en berne les drapeaux européens hissés devant leurs mairies, pour protester contre cette décision.
Avec une meilleure maîtrise de l’épidémie sur son territoire, l’Allemagne a donc décidé d’anticiper son déconfinement, entamé dès le 20 avril, par rapport à ses voisins. Ouverture des commerces, dont les cafés restaurants, ou reprise du championnat de football créent donc un décalage dans une Grande Région où une forme de discrimination va s’installer à l’heure du déconfinement.
Pourtant il va s’agir pour des milliers de frontaliers de retourner travailler, quand c’est possible, avec de nouvelles règles (s’habituer aux contrôles aux frontières, qui vont perdurer, aux gestes barrières dans les entreprises) en attendant que l’harmonie revienne dans la Grande Région.
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