
Le sujet fait polémique depuis plusieurs mois: une trentaine de voitures-radar privatisées vont débarquer dans le Grand Est d’ici le deuxième semestre 2021. Un job plutôt bien rémunéré, comme nous le révélions il y a quelques semaines.
Le but de ces “flasheurs” privés? Prendre sur le fait (discrètement, sans flash visible) les automobilistes en excès de vitesse, à partir de 10 km/h au-delà de la vitesse autorisée. Et les véhicules choisis seront tout aussi discrets: il s’agira de Peugeot 308, Renault Mégane, Ford Focus et autres Seat Leon, bref, des modèles ultra-courants.
Mais cette discrétion ne plaît pas à tout le monde. À l’Assemblée Nationale, une quarantaine de députés viennent de déposer un projet de loi pour rendre ces véhicules moins “piégeux”, rapporte Turbo.
Leur argument est simple: tout comme les contrôles fixes sont annoncés par un panneau, les voitures radar privées devraient clairement être identifiables grâce à des inscriptions sur la carrosserie.
il a en effet été reporté aux députés concernés que certains opérateurs de ces voitures radars roulent parfois légèrement au-dessous des vitesses autorisées pour inciter les automobilistes à doubler, en s’exposant ainsi à un risque de verbalisation pour vitesse excessive.”
Rappelons que pour la Sécurité Routière, l’objectif de cette privatisation est de “renforcer les contrôles sur les axes avec le plus d’accidents”, mais aussi libérer du temps aux forces de l’ordre qui peuvent se concentrer sur d’autres missions. Mais selon la Ligue de défense des conducteurs, il faut aussi souligner que ces voitures privées rapportent gros. Pour l’État avant tout, puisque la Ligue estime que le gain net est en moyenne de 194.000 euros par an pour les caisses publiques.D’ailleurs, le rendement des “flasheurs privés” serait plus de 10 fois supérieur à celui des voitures-radar de la police, estimé à 12.600 euros par an. Il faut dire que les forces de l’ordre passeraient en moyenne 1h12 dans ces véhicules (contre 5h30 pour les privés), et dresseraient 0,46 contraventions par heure (contre 2,09 par heure pour les privés).