Premier jobÉtudiants et déjà frontaliers

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Job étudiant, stage, alternance… Pourquoi ces jeunes Français se tournent-ils vers le Luxembourg pour leurs premières expériences professionnelles?
Sarah, étudiante en Master 2 à l'ISEG à Strasbourg et en alternance au Luxembourg.
Sarah, étudiante en Master 2 à l’ISEG à Strasbourg et en alternance au Luxembourg.

Je regrette juste de ne pas y avoir été avant. Marie, 21 ans, est étudiante en troisième année d’Information et Communication à l’Université de Lorraine à Metz et depuis 2020 elle travaille les week-ends en grande surface à Foetz.

TRAVAILLER MOINS POUR GAGNER PLUS?

Marie, étudiante en troisième année à l'Université de Lorraine à Metz, a un job étudiant au Luxembourg.
Marie, étudiante en troisième année à l’Université de Lorraine à Metz, a un job étudiant au Luxembourg.

“J’ai la même paye au Luxembourg en travaillant beaucoup moins qu’en France”. L’étudiante française est formelle: en travaillant au Grand-Duché plutôt qu’en France, elle gagne en temps et en argent. Elle effectue entre 10 à 15 heures de travail par semaine et travaille pendant les vacances scolaires.

Quand elle ne travaille que les week-ends, Marie gagne 600 euros par mois. Les vacances scolaires lui permettant de travailler pendant tout le mois de décembre, elle parvient à toucher 1.400 euros. “C’est honnête comme salaire sachant que j’ai le complément de la bourse”.

Travailler au Luxembourg c’est plus avantageux. Il suffit de comparer le Smic luxembourgeois au Smic français”. Margaux, l’étudiante de 22 ans en journalisme à Sciences Po Paris, a réalisé son job d’été en 2021 à Luxair. Elle confie avoir voulu travailler pour une compagnie luxembourgeoise principalement pour des raisons financières.

Vivre à Paris, c’est cher et le salaire luxembourgeois que je touche en été (2.100 € pour deux mois, nourrie et logée) me permet d’économiser pour toute l’année”.

Sarah rejoint ce constat: “Les salaires sont plus élevés au Luxembourg. L’étudiante de 22 ans mène ses études en école de communication à Strasbourg. Dans le cadre de son Master 2, elle est en alternance à House of Startups au Grand-Duché. Elle a un jour de cours par semaine et passe le reste du temps en entreprise. S’ajoute à son emploi du temps déjà chargé, la réalisation de son mémoire: “Niveau timing et fatigue, c’est très compliqué”.

LES BOUCHONS, LE PRIX DES LOYERS...DES FREINS POUR CES ÉTUDIANTS

La route comme principal inconvénient: “Quand je travaille pendant les vacances, il y a pas mal de bouchons, mais les week-ends, j’y échappe”.

Seul bémol pour Margaux, l’étudiante en journalisme: la complexité des démarches administratives concernant la sécurité sociale. “Il y a beaucoup de paperasse, c’est difficile de s’y retrouver et je ne savais pas à qui m’adresser”.

Si tu habites au Luxembourg, tu n’as pas tous les avantages d’un frontalier. Sarah est en télétravail pour son alternance dans le cadre de ses études en communication à Strasbourg, donc elle évite les longs trajets et le prix élevé des loyers. “Si je n’étais pas en télétravail, je ne resterais pas à Strasbourg, ce serait trop fatigant, mais les prix des logements ne sont pas avantageux au Luxembourg”.

LE LUXEMBOURG RESTE ATTRACTIF MAIS...

Sarah, étudiante en Master 2 à l'ISEG à Strasbourg et en alternance au Luxembourg.
Sarah, étudiante en Master 2 à l’ISEG à Strasbourg et en alternance au Luxembourg.

Marie nous confie souhaiter conserver son job étudiant au Luxembourg et éventuellement y travailler après ses études. Si elle effectue son Master à Metz, elle aimerait réaliser son stage au Grand-Duché et même apprendre le luxembourgeois.

D’autres motivations que la rémunération ont poussé Sarah à se tourner vers le Luxembourg: Elle voulait travailler à l’étranger pour “parler anglais et pour l’ouverture sur le monde”.

J’ai passé deux mois en Bulgarie et une semaine en Turquie": En tant qu’animatrice pour le club enfant de LuxairTours, Margaux a pu voyager dans le cadre de son travail tous frais compris: Et elle compte renouveler l’expérience l’été prochain!

Je me suis dit que ce serait intéressant de travailler au Luxembourg et Goodyear est une des premières entreprises dans mon domaine”. Théo, 21 ans et étudiant en dernière année de Master à l’EEIGM, une école d’ingénieurs à Nancy, débute son stage dans quelques semaines. Pour se rapprocher de son lieu de travail, il a pris un logement en Belgique.

Après avoir passé un an d’Erasmus en Suède et en Espagne, il souhaitait effectuer son stage dans un pays francophone. “En plus, ce n’est pas loin de chez mes parents et de mes grands-parents et la rémunération permet de vivre correctement”.

Le Grand-Duché attire donc les frontaliers dès leur plus jeune âge. Mais comptent-ils y rester pour débuter leur carrière? Margaux affirme sans détour qu’elle ne souhaite pas retravailler au Luxembourg après ses études: “Je ne suis pas fan de la mentalité luxembourgeoise au travail”.

Sarah est moins catégorique. Si elle devait y travailler, il faudrait qu’elle trouve un logement plus proche de son entreprise. Marie émet quelques doutes également, elle compte peser le pour et le contre le temps de finir ses études. Quant à Théo, il souhaite démarrer sa carrière en tant qu’ingénieur matériaux au Grand-Duché.

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