
On savait déjà que le marché des voitures d’occasion était florissant, mais à ce point, c’est surprenant: selon l’observatoire Cetelem, il s’est vendu sur le mois de janvier 2022 109.245 véhicules dont la date de mise en circulation remonte à plus de quinze ans. Sur la même période, 102.000 voitures neuves se sont écoulées (soit un recul de 18% par rapport à l’année précédente). En 2021, il s’est d’ailleurs vendu plus de six millions de véhicules d’occasion contre 1,66 million de voitures neuves.
Comment expliquer ce phénomène à contrecourant des ambitions politiques et industrielles, qui misent comme on le sait à remplacer le vieux parc automobile par des véhicules récents moins polluants?
Plusieurs facteurs sont envisageables, à commencer par la crise des semi-conducteurs, qui perturbe gravement les délais de livraison des véhicules neufs, comme nous en parlions récemment.
Mais la question du pouvoir d’achat est tout aussi centrale. Le prix croissant des véhicules neufs, tout comme le coût non négligeable de leur entretien, pousserait beaucoup de personnes à privilégier, bon gré mal gré, les véhicules anciens. Et ceci, malgré la menace de voir leur voiture bannie de nombreuses villes, qui ont déjà annoncé l’interdiction de véhicules diesel et essence à plus ou moins brève échéance... Autrement dit, ce ne serait évidemment pas tant un choix de coeur mais de raison.
Bref, est-ce que cette tendance est passagère ou durable? Une question qui embarrasse dans tous les cas les décideurs politiques et les constructeurs automobiles, qui préféreraient que le neuf ait plus la côte que l’ancien.