Luxembourg/LorraineComment les salles de sport font face à la crise du coronavirus

Raphaël Ferber
Désertées, les salles de sport se servent des réseaux sociaux pour exister. Mais la question de la gestion des abonnements se pose...
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Depuis le début du confinement, la plupart des salles de sport ont eu le même réflexe: poster des cours et des exercices en ligne, notamment sur leurs réseaux sociaux, en mettant souvent à contribution quelques-uns de leurs entraîneurs. C’est le cas chez CK Fitness (4 centres au Luxembourg), qui propose des cours en direct sur Facebook, ou chez Factory 4 (implanté dans la capitale), qui poste des vidéos en anglais.

Installé à Gasperich, le centre de fitness Painworld, qui compte près de 2.000 adhérents, diffuse une vidéo en direct tous les jours sur les réseaux sociaux. “On a une super visibilité sur chaque live” souligne le gérant, Sophian Ait.

Basic-Fit s’appuie sur son important réseau (plus de 750 salles en Europe) pour lancer des événements de grande ampleur sur Instagram, Facebook et YouTube, comme le “Home Gym Day”. Du côté de la Moselle, chez New Life à Thionville, les coaches se filment à leur domicile: sur la page Facebook, les vidéos se font une place aux côtés de recettes healthy en attendant, pour les adhérents, de pouvoir tester de nouvelles machines à la réouverture.

Que ce soit chez Keep Cool (présent dans les environs de Thionville, Metz et Nancy) ou chez Freeness (Yutz et Moulins-les-Metz), la formule est globalement la même. Cours de body pump, de pilate, fessiers-abdos-cuisses, yoga... Il y en a pour tous les goûts.

Au Loft, à Thionville, le gérant Jonathan Pickel “profite” de la fermeture de son club pour opérer des travaux et réorganiser les espaces. Avec 80 mètres carrées en plus, il promet une belle surprise à ses adhérents à la réouverture...

LES COACHES INDÉPENDANTS CHERCHENT DES ALTERNATIVES

Compte tenu de l’afflux de vidéos mises en ligne, les coaches indépendants doivent trouver des alternatives pour continuer d’exister. Exerçant principalement au Luxembourg, Joshua Sternasky donne rendez-vous à ses clients habituels sur Zoom, le service de visioconférence, en leur communiquant un identifiant après paiement.

“Il y a énormément de cours de sport en ligne et le confinement fait qu’on en voit encore plus actuellement. Il fallait que je trouve une autre solution, me permettant d’être toujours rémunéré” explique t-il. Le coach propose essentiellement des cours de pilate et du renforcement musculaire, pour des clients suant en solo voire en duo. “L’avantage, c’est que je peux apporter des corrections en direct à mes élèves. Et comme ils me connaissent, ils sont en confiance. J’essaie d’apporter le même service qu’avant le coronavirus.”

Il a mis des forfaits en place, mais les tarifs ont été réajustés à la baisse. Son planning l’occupe entre 18h et 25h par semaine, pour le moment. “Je gagne moitié moins qu’habituellement, mais j’ai aussi moins de frais. Pour l’instant, je m’en sors” souligne t-il.

L’EPINEUSE QUESTION DES ABONNEMENTS

En dépit des vidéos d’entraînements postées sur les réseaux sociaux, les salles de sport doivent souvent se résoudre à faire un geste commercial à leurs adhérents, lors de la période de confinement.

La plupart propose plusieurs options, à l’image du mastodonte Basic Fit, implanté au Luxembourg (9 clubs), en France (plus de 300) et en Belgique (environ 180), qui a envoyé un mail à ses clients. Pour la période du 14 mars au 30 avril, ceux-ci peuvent opter pour un abonnement “premium”, des remises, un sac cadeaux... Après le 1er mai, les abonnements seront totalement “gelés” si la période de confinement est prolongée.

Freeness propose dès le mois de mai: 20% de réduction pendant 6 mois, 3 mois offert à un proche, un mois gratuit à la réouverture, la suppression du préavis en cas de résiliation ou une option “solidaire avec le club”, pour ceux qui acceptent de continuer à être prélevés en totalité.

Chez Keep Cool (10 salles en Moselle et Meurthe-et-Moselle), les abonnements ont été suspendus depuis la fermeture des salles. Mais là encore, une option solidaire a été mise en place, la franchise s’engageant à reverser 10€ à l’Institut Pasteur pour chaque abonnement maintenu.

Au Luxembourg, où les abonnements dépassent souvent les 60 euros, CK Fitness a envoyé un mail à ses adhérents pour les informer que les cotisations continueraient à être prélevées et qu’une compensation est prévue dès la réouverture des quatre centres.

D’autres salles s’interrogeait encore au moment de notre petit sondage, à l’image du Loft à Thionville, une salle indépendante dont le réservoir compte environ 850 abonnés. “Toutes les charges ne disparaissent pas et résister à cette crise va être plus durs pour les petits clubs. D’autant que, contrairement à d’autres, on ne va pas pouvoir se permettre de relancer la machine avec des offres agressives lors de la réouverture”, explique Jonathan Pickel, qui enregistrait jusqu’alors 1,5 inscription pour une désinscription. “C’est la première fois que la courbe va s’inverser depuis la création du club. Si je peux bénéficier d’une aide de l’état, je vais la solliciter. Car je vais perdre des adhérents, c’est certain...”

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