
Emmanuel Macron et Marine Le Pen se retrouveront au second tour de l’élection présidentielle, comme en 2017.
Le président sortant est arrivé largement en tête du premier avec autour de 28% des voix, selon les premières estimations. Il fait mieux qu’il y a cinq ans (24%).
La candidate du Rassemblement national Marine Le Pen s’est, quant à elle, à nouveau classée en deuxième position avec autour de 24% des voix. Elle aussi fait mieux que lors de la présidentielle précédente où elle avait obtenu 21,3%.
C’est la troisième fois que l’extrême droite parvient au second tour d’une présidentielle en France, après son père et ancien chef du Front national Jean-Marie Le Pen en 2002, puis elle-même, déjà, il y a cinq ans.
Jean-Luc Mélenchon a raté d’une courte tête dimanche la marche du second tour malgré la mobilisation du “vote utile”, son troisième échec à la présidentielle. Avec toutefois un score autour de 21,95%, meilleur qu’en 2017, qui conforte le rôle central à gauche de La France insoumise.
Jean-Luc Mélenchon n’a, en l’état du dépouillement, pas pu rassembler avec la même ampleur que son mentor François Mitterrand qui, lui, avait gagné à son troisième essai.
Pourtant, les dernières semaines, et en particulier la toute dernière, ont vu de nombreux sympathisants, militants et personnalités de gauche annoncer publiquement qu’ils voteraient Jean-Luc Mélenchon pour tenter d’éliminer Marine Le Pen.
La marche s’est avérée trop haute, la candidate du Rassemblement national ayant connu une dynamique similaire à l’Insoumis, en étant partie de plus haut.
Ce premier tour a été marqué par la déroute des partis traditionnels de la droite et de la gauche avec des résultats historiquement bas.
La candidate LR Valérie Pécresse a connu une dégringolade pour se retrouver autour de la barre des 5%, seuil de remboursement des frais de campagne. Il y a cinq ans, François Fillon avait atteint 20%.
Quant à la socialiste Anne Hidalgo, elle n’obtient que 2% des voix, trois fois moins que Benoît Hamon en 2017 qui avait déjà plongé jusqu’à 6,3%, considéré alors comme un crash total. Déception aussi pour les écologistes qui se retrouvent autour de la barre des 5% avec Yannick Jadot.
La grande majorité de la classe politique a appelé dimanche à voter pour Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle face à la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, qui a de son côté reçu le soutien d’Eric Zemmour.
Le président de la République sortant a remercié les candidats - Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Fabien Roussel et Valérie Pécresse - qui lui ont accordé dès dimanche leur “soutien” et salué la “clarté” de ceux qui appellent comme LFI à “faire barrage à l’extrême droite”. Tendant la “main à tous ceux qui veulent travailler pour la France”, il s’est dit “prêt à inventer quelque chose de nouveau pour rassembler les convictions et les sensibilités diverses”.
Mme Le Pen a pour sa part appelé à la “grande alternance dont (la) France a besoin”, invitant “tous ceux qui n’ont pas voté” pour Emmanuel Macron à la “rejoindre”.
L’abstention était redoutée, compte tenu du manque d’intérêt pour la présidentielle longtemps exprimé par les Français dans les enquêtes d’opinion. Elle s’est finalement située à environ 25,14%.
Elle se rapproche du niveau du 21 avril 2002, année record avec une abstention qui avait atteint 28,4%. Elle est toutefois moins forte que lors de la Bérézina des régionales et des départementales il y un an, avec deux tiers des électeurs qui n’avaient pas voté. L’abstention suit une tendance ascendante depuis la présidentielle de 2007 où elle avait été limitée à 16,23%. Elle est passée à 20,52% en 2012 et atteint 22,23% en 2017.