
Vendredi dernier, le nouveau patron de Renault, Luca de Méo, a annoncé que les prochains modèles seront tout simplement bridés à 180 km/h. Cette limitation de vitesse concernera les marques Renault et Dacia, y compris les voitures les plus puissantes, à l’exception (faut pas exagérer quand même) de la marque Alpine, connue pour ses légendaires berlinettes sportives.
Alors oui, l’annonce pourra faire sourire certains, qui n’imaginaient pas forcément taper dans le rupteur avec leur Clio.
Mais pour d’autres, il s’agit d’un nouveau coup porté à l’ancien monde automobile, celui de la “conduite plaisir”, débridée et sans complexes... au prix, il faut le rappeler, de nombreux morts sur nos routes. Près d’un tiers des accidents sont en effet liés à une vitesse excessive.
Renault n’est d’ailleurs pas un cas isolé: Volvo avait également annoncé l’année dernière une mesure similaire. Il est vrai que le constructeur suédois, connu pour ses voitures de “bon père de famille”, était tout indiqué pour prendre ce virage sécuritaire.
Limiter la vitesse de véhicules qui ne sont de toute façon pas censés atteindre les 180 km/h (sur les routes françaises en tout cas) fait sens. Mais ce n’est pas la seule raison de ce virage sécuritaire. Pour les automobilistes, les performances deviennent moins un critère d’achat que le prix, la fiabilité et le design. De plus, le développementde l’électrique freine naturellement les pointes de vitesse, car les batteries se vident à vitesse grand V lors de vitesses excessives. La Dacia Spring, par exemple, est plafonnée à 125 km/h à cause de son petit moteur électrique de 44 chevaux.
Bref, la voiture de demain servira surtout à aller sagement d’un point A à un point B, avec des assistants à la conduite pour vous tenir la main... voir à prendre le volant à votre place, lorsque la conduite autonome sera généralisée. Pour les amateurs de conduite, ce n’est pas le scénario rêvé, mais la sécurité routière est à ce prix.