
Donald Trump n’a visiblement pas renoncé à son intérêt pour le Groenland. Cette semaine, la Maison Blanche a partagé sur le réseau social X une image générée par intelligence artificielle représentant le président américain marchant dans un paysage enneigé, montagnes en arrière-plan et drapeau groenlandais flottant au loin. Le message accompagnant la publication se voulait léger : « Embrace the penguins » (« Adoptez les manchots »).
Problème : sur l’image, Donald Trump donne la main à un manchot tenant un drapeau américain. Or, contrairement à une idée répandue, aucun manchot ne vit au Groenland. Une erreur géographique élémentaire qui n’a pas échappé aux internautes, ni aux habitants de l’île arctique. « Bien essayé, mais nous n’avons pas de manchots », a ainsi réagi Orla Joelsen, un Groenlandais, dans un commentaire largement relayé.
La maladresse a même été amplifiée par un autre compte officiel américain, lié au ministère de la Défense, qui a publié à son tour une image montrant un manchot entouré de soldats marchant dans la neige. Là encore, les réactions ironiques se sont multipliées, pointant une confusion persistante entre l’Arctique et l’Antarctique.
Comme le rappelle le site Visit Greenland, les manchots vivent exclusivement dans l’hémisphère sud. La majorité des espèces se trouvent près du pôle Sud. La seule exception, le manchot des Galápagos, évolue à plus de 8 500 kilomètres du Groenland. Sur l’île, les visiteurs peuvent en revanche observer des macareux moines, des phoques ou encore des ours polaires.
Cette bourde de communication intervient dans un contexte diplomatique tendu. Ces dernières semaines, Donald Trump a multiplié les déclarations musclées concernant le Groenland, allant jusqu’à évoquer des leviers économiques et militaires. Mercredi 21 janvier, le président américain a finalement levé ses menaces, alors que les marchés financiers mondiaux montraient des signes de nervosité.
De son côté, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a proposé une sortie de crise pragmatique : le renforcement du contrôle américain sur la base militaire déjà implantée au Groenland, tout en maintenant le cadre international existant. Une solution politique sérieuse, loin de l’image du manchot, devenue malgré elle le symbole d’une communication américaine pour le moins maladroite.