Chronique d'Abdu Gnaba"Notre rapport à l'automobile est bouleversé" selon un expert du Luxembourg

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Résident du Luxembourg, l'anthropologue Abdu Gnaba signe une chronique dans le magazine "Le 1", dans lequel il explore notre rapport à la voiture.

“La bagnole, c’est foutu ?” Telle est la question posée cette semaine par le magazine français “Le 1", qui traite chaque semaine une grande question d’actualité à travers les regards d’écrivains, de chercheurs, de philosophes, d’anthropologues, mais aussi d’artistes et de poètes.

Pour répondre à cette vaste question et apporter un éclairage personnel, l’hebdomadaire a fait appel à l’anthropologue Abdu Gnaba, résident du Grand-Duché et expert éclairé de l’émission “Grand Bien Vous Fasse” sur France Inter.

Vu du Luxembourg et en restant au stade du premier degré, on pourrait répondre que non, la voiture est encore loin d’être foutue eu égard -notamment- au nombre toujours grandissant de frontaliers prenant le volant pour se rendre chaque jour au Grand-Duché. Les frontaliers français ont d’ailleurs dépassé la barre des 100.000, même si tous ne choisissent pas de venir travailler en voiture...

Quoiqu’il en soit, “notre rapport à l’automobile est bouleversé” estime l’anthropologue. D’étendard de nos valeurs, de prolongement de l’être humain, même, elle serait passée “du support de soi au support du soi”, conséquence de toutes les aides à la conduite qui se sont invitées dans les habitacles de nos véhicules.

Ainsi, l’automobile se vit aujourd’hui “comme un espace d’intimité qui nous permet de faire le point sur notre vie, de nous retrouver avec nous-même” écrit-il dans les colonnes du magazine. “C’est un espace dans lequel on prend le temps de réfléchir sur sa personne, de méditer sur l’existence. (...) l’endroit où l’on se raconte les événements de notre quotidien pour les mettre à distance, les classer, les hiérarchiser.”

Le conducteur ne faisant d’abord qu’un avec son objet s’en serait progressivement détaché, passant “de la maîtrise au lâcher-prise”, comme Abdu Gnaba a titré sa chronique. “Après avoir été subjugué par l’alchimie de la vitesse puis envoûté par le plaisir de la conduite, le conducteur abandonne peu à peu le pouvoir sur sa machine pour se recentrer sur lui-même. Jusqu’à accepter de devenir bientôt le simple passager de véhicules autonomes. Il est à parier, voire à espérer, qu’il se réfugiera dans le cocon de l’habitacle, pour glisser en toute confiance dans le confort du lâcher-prise” conclut-il dans les colonnes du magazine.

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