HumourMetz a ri des dérapages de Félix Dhjan... et le Luxembourg ?

Raphaël Ferber
À Metz, avec Nuances, Félix Dhjan a joué dans son registre : du dérapage assumé et de la provocation contrôlée pour dire ce qui, dans la société contemporaine, le laisse plus que perplexe. À l’aube d’un nouveau spectacle, peut-être que le public luxembourgeois pourrait le découvrir bientôt.
Adepte d'un humour cru et provoc, Félix Dhjan a fait rire les spectateurs du Metz Congrès Robert Schuman, samedi soir.
Adepte d’un humour cru et provoc, Félix Dhjan a fait rire les spectateurs du Metz Congrès Robert Schuman, samedi soir.
© Raphaël Ferber / RTL Infos

De la provoc, des mimes, du rap et du beatbox : Félix Dhjan a fait du Félix Dhjan samedi soir à Metz. Celui que l’on a découvert il y a quelques années sur les radios françaises et les réseaux sociaux, mais que le Luxembourg observe encore à distance. En pleine tournée dans le Grand Est - récemment passé par Strasbourg, sans détour par le Grand-Duché - l’humoriste parisien a déroulé un humour déjanté, diablement efficace, nourri d’improvisations et de moments absurdes, tapant souvent sous la ceinture pour, la plupart du temps, brosser le portrait d’une société qui le dépasse, l’intrigue ou le fascine.

Sniper sur scène, le trentenaire a, détail insolite, repéré le bas de la scène dès les premières secondes dans la salle du Congrès Robert Schuman. Avant même d’aller chercher l’autre côté du premier rang, il interpelle au micro : “J’avais pas commandé de photographe, t’es qui ? RTL Infos ? T’as payé ta place ?” Les habitués le savent : en stand-up, le premier rang est une zone à risque - et certains viennent précisément pour ça (sauf nous).

© Raphaël Ferber / RTL Infos

La suite n’a donc pas tardé. Félix Dhjan a saisi le moindre détail, le plus petit réflexe trahissant le trac ou l’ennui, pour en faire des ressorts comiques récurrents, revenant à plusieurs reprises sur certaines attitudes observées dans le public… et sur ce que, manifestement, le journaliste n’était pas censé noter.

Sur le fond, l’humoriste a jonglé avec tous les thèmes qui l’agacent et nous font rire : les réseaux sociaux et cette course permanente à l’attention, les influenceuses parfois mieux rémunérées en se cambrant que le personnel soignant en sauvant des vies, l’écologie de façade et ses propres contradictions, ou encore certaines dérives du militantisme féministe. Les connaisseurs ont reconnu plusieurs passages phares, notamment celui du robot sexuel : une mise en scène grinçante de la solitude moderne, rendue mécanique et répétitive par les applications de rencontre comme Tinder. Le rire a servi à dessiner le portrait d’une génération connectée, mais souvent incapable de créer du lien.

© Raphaël Ferber / RTL Infos

Et puis, bien sûr, un spectacle de Félix Dhjan sans rap ni beatbox n’en serait pas vraiment un. Chauffé par quelques piques bien senties sur l’éternelle rivalité locale - Metz face à Nancy, terrain de jeu idéal - le public messin s’est laissé embarquer sur des sons déjà entendus sur Skyrock et largement relayés sur les réseaux sociaux.

Si Metz s’est prêtée au jeu, le Luxembourg, lui, devra encore patienter. Reste à espérer que le prochain spectacle de Félix Dhjan traverse enfin la frontière et transforme cette attente en vraie rencontre.

Back to Top
CIM LOGO