
Enfant, il rêvait de devenir dessinateur de bande dessinée. “Marsupilami”, qui sort mercredi en salles, marque ainsi un retour aux sources pour l’acteur et réalisateur. Il avait tenté, sans succès, d’intégrer le casting du Marsupilami d’Alain Chabat sorti en 2012.
“A l’époque j’étais en galère. (...) Si j’avais eu une petite voix qui m’avait dit, dans quelques années c’est toi qui va écrire et réaliser...”, sourit aujourd’hui le réalisateur, rencontré par l’AFP en plein marathon promotionnel.
Cette comédie familiale, parmi les plus attendues du début d’année, suit les aventures de David (Philippe Lacheau), contraint par son patron (Jean Reno) de rapporter un mystérieux colis de Palombie.
En instance de divorce, il embarque sa famille dans une croisière mouvementée, sur les traces du mythique animal imaginé par Franquin, et croise la route de Pablito Camaron (Jamel Debbouze), déjà aperçu dans le film de Chabat.
Grand gabarit et allure de gendre idéal, Philippe Lacheau revendique une passion ancienne pour le cinéma, les comédies françaises surtout, mais aussi le cinéma américain des années 1980 et 1990.
Dès l’âge de 13 ans, il tourne des centaines d’heures de sketches avec son ami d’enfance Julien Arruti, l’un des co-auteurs de “Marsupilami” et pilier de la bande à Fifi, révélée sur Fun TV puis Canal + au début des années 2000.
“J’avais tous ces exemples de mecs qui faisaient de la télé et qui arrivaient au cinéma ensuite comme José Garcia, Les Nuls, Les Inconnus, Jamel (Debbouze)... Donc je me suis dit on va commencer par la télé, en mode plan de carrière”, se remémore Philippe Lacheau.
Si cette expérience lui ouvre quelques portes, les projets de films n’aboutissent pas.
“C’est le début de la galère”, se remémore le réalisateur. Pendant “trois ou quatre ans”, il s’acharne à écrire des scénarios et s’accroche “parce que partir sur l’écriture d’un truc que personne ne te demande, c’est laborieux”.
“Il a eu beaucoup d’échecs, beaucoup de refus, son talent c’est de n’avoir jamais lâché l’affaire”, salue le producteur Marc Fiszman, qui le rencontre en 2012 et flaire le bon coup avec le scénario de “Babysitting” qu’il décide de produire.
Le succès dépasse les attentes et fait de ce film à petit budget l’un des plus rentables de l’année.
“Philippe c’est quelqu’un qui a un imaginaire très fort”, décrit Marc Fiszman. Julien Arruti salue l’instinct aiguisé de son ami d’enfance: “il arrive à discerner une histoire cool d’une histoire qui ne va pas intéresser, un gag très drôle d’une vanne qui va juste tirer un sourire”.
En douze ans et six films, Philippe Lacheau s’est imposé comme une valeur sûre. Aucun de ses films n’a fait moins que le million d’entrées, avec un pic à 4,3 millions pour “Alibi.com 2".
La critique n’est pourtant pas toujours tendre. “Au cinéma, on pleure tous pour les mêmes choses, mais on ne rit pas tous des mêmes choses”, relativise-t-il revendiquant un humour “populaire”.
A Paris et dans les grandes villes, où le public est “plus intello, plus pointu, effectivement on va faire moins d’entrées”, constate-t-il.
“Nous, c’est la province. Peut-être parce que je viens de là (il a grandi près de Versailles)”, avance l’acteur de 45 ans. A la campagne ou dans les petites villes, “on est très forts. On le voit même en notoriété, on est beaucoup plus reconnus et sollicités”.
“Il a compris le public. (...) Il se balade dans toute la France (lors des avant-premières) et fait ça pour tous ses films”, échangeant avec chaque directeur de salle, insiste Marc Fiszman.
Grand admirateur de Steven Spielberg et James Cameron, Philippe Lacheau reste d’ailleurs attaché aux sorties en salles, et a jusqu’ici décliné les nombreuses sollicitations des plateformes de streaming.