Un peu moins de deux semaines après les élections législatives, force est de constater que le récit des élections du 8 octobre commence déjà à changer. Nombreux sont ceux qui parlent d'une victoire du CSV alors que ces élections sont surtout l'histoire d'une chute: celle des Verts.

Le 8 octobre, alors que les électeurs assistaient à la traditionnelle "déferlante jaune" sur la carte électorale du pays, ce n'était pas le résultat du CSV qui attirait notre attention.

Alors que les résultats tombaient, on ne parlait que de deux choses: la chute annoncée des Verts (déi gréng) et la hausse de popularité du parti nationaliste (ADR). Et cela malgré une belle progression du DP (+1,79%) et du LSAP (+1,31%).

Pourquoi? Et bien parce que c'est là que se jouaient véritablement ces élections. Si le score de l'ADR n'allait vraisemblablement pas avoir d'incidence dans le cadre de la formation d'une nouvelle coalition, celui des Verts était, lui, décisif.

En effet, avec la chute de popularité du parti déi gréng, c'est toute une coalition qui est tombée à l'eau. Celle que l'on avait connu ces dix dernières années. Dans la pratique, c'est le score des Verts qui a changé la donne. 

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En effet, si les Verts n'avaient conservé ne serait-ce que deux sièges de plus, la coalition "Gambia" aurait pu rempiler. C'est leur chute (-6,57%, -5 sièges) qui a précipité le CSV sur le devant de la scène.

Parce qu'il faut le savoir, si le CSV a enregistré une progression par rapport aux élections de 2018, il n'y avait vraiment pas de quoi sortir le champagne. +0,9% des suffrages et aucun siège de gagné: la voilà la fameuse "percée" du parti chrétien-social.

Et il ne faut pas aller bien loin pour voir que le CSV nous avait habitué à mieux. En 2013, alors qu'un certain Jean-Claude Juncker se présentait encore aux élections législatives, le parti-chrétien social avait récolté 33,68% (contre 29,21% en 2023) et avait obtenu 23 sièges (contre 21 aujourd'hui).

Des résultats en recul par rapport aux élections précédentes (2009) où le CSV culminait à 37,34% des suffrages et avait remporté, à lui seul, 26 des 60 sièges à la Chambre des députés.

Vous l'aurez compris, le résultat du CSV aux élections du 8 octobre dernier n'a donc rien de très mémorable. Le parti chrétien-social tient sa revanche mais il la doit surtout à la dégringolade des Verts qui n'ont manifestement pas réussi à convaincre.

S'il fallait désigner un vainqueur, ce serait probablement le DP qui a réussi à récupérer deux sièges et a enregistré la progression la plus importante lors de ces élections (+1,79%). Cerise sur le gâteau: il fera partie de la coalition au pouvoir les 5 prochaines années.