NSO en Israël et au LuxembourgLe gouvernement doit agir face au programme d'espionnage Pegasus

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L'utilisation souvent abusive du software d'espionnage "Pegasus" provoque l'indignation dans le monde entier depuis des années.
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Des activistes, journalistes, avocats et personnalités politiques ont été et sont encore observés et espionnés à travers ce programme informatique. Détail assez choquant dans cette histoire, la société israélienne NSO qui commercialise ce logiciel, est propriétaire de neuf holdings (sociétés de participations financières) au Kirchberg. De nombreuses organisations de défense des Droits de l’homme demande enfin une réaction de la part du gouvernement luxembourgeois.

Amnesty International, l’Initiative pour un devoir de vigilance et le Comité pour une paix juste au Proche-Orient réclament une réactivité de la part des autorités.

Lorsqu’en 2019, il a été prouvé que les autorités saoudiennes avaient utilisé les services de NSO pour espionner le journaliste Jamal Khashoggi avant de le tuer, l’ancien ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn avait alors écrit une lettre quelques mois plus tard, comme l’explique Jean-Louis Zeien, de l’Initiative pour un devoir de vigilance: “cela montre vraiment le côté misérable de la politique dans ce contexte, peut-être même qu’ils ne veulent rien faire. Écrire une lettre ? Wow, quel geste fort ! Écrire une lettre, cela ne suffit clairement pas pour défendre la démocratie ou comme moyen pour empêcher toute atteinte aux Droits de l’homme”.

© Archives RTL

En mars 2025, rien n’a encore été entrepris pour contrer cette entreprise au Luxembourg, malgré un cas très concret en Espagne, où la société NSO sera traduite en justice.

Jean-Louis Zeien explique: “une organisation espagnole a réussi à prouver que les personnes qui tiennent les rênes de la société NSO en Israël sont les mêmes personnes qui figurent au conseil d’administration au Luxembourg. Pour la première fois, un jugement va avoir lieu, dans lequel le gouvernement luxembourgeois sera interpellé à ce sujet”.

Les revendications des organisations aux autorités luxembourgeois sont dès lors très claires: “nous avons conçu un plan national dans les domaines des droits de l’homme et du business. Il est très clairement stipulé en page 17 que le secteur de la cybertechnologie, on parle d’un espionnage réalisé sur des ordinateurs ou téléphones portables, doit être considéré comme “hautement à risque”. Il faut que nous responsabilisions les acteurs de ce domaine. Cela ne peut que se faire à travers une future législation au Luxembourg où ces entreprises sont clairement labellisées comme secteur qui présente un risque élevé”.

Il est également évident que cette législation devra faire partie d’une loi européenne sur les chaînes d’approvisionnement concernant le devoir de vigilance en matière de droits de l’homme, climat et environnement. Selon Jean-Louis Zeien, la loi de 2018 devra être adaptée en ce qui concerne les autorisations d’exportations.

Les organisations luxembourgeoises déplorent que le pays ne possède aucune autorité de contrôle et de surveillance. “C’est exactement ce genre de structure dont nous aurions besoin pour contrôler les entreprises qui sont concernées par cette loi, afin de vérifier si elles respectent bien leur devoir de vigilance et obligations envers les droits de l’homme, partout dans le monde”, explique Jean-Louis Zeien.

Et si elles ne se plient pas aux règles, cette même autorité pourrait alors les sanctionner”, conclut le co-coordinateur de l’Initiative pour un devoir de vigilance.

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