ReportageLe travail dominical, déjà une réalité pour certains salariés du commerce

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Les discussions controversées sur l'ouverture dominicale des commerces se poursuivent, mais quelle est la situation sur le terrain? Qu'en disent les salariés qui travaillent déjà le dimanche?
Shoppingcenter op der Wemperhardt
Shoppingcenter op der Wemperhardt
© RTL

Les uns parlent de droit fondamental et du fait que des salariés demandent à pouvoir travailler le week-end. D’autres sont complètement opposés à une libéralisation et veulent protéger les salariés et le congé “sacré” du dimanche. Qu’en est-il sur le terrain? Que disent les salariés qui travaillent déjà le dimanche? Les clients souhaitent-ils vraiment faire leurs achats en fin de semaine? Une équipe de RTL s’est rendue dans un centre commercial de l’Oesling.

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Dimanche midi à Wemperhardt. Les boutiques du centre commercial y sont ouvertes sept jours sur sept depuis plus de 35 ans. Le gouvernement veut légiférer pour augmenter la durée autorisée du travail dominical de quatre à huit heures. Jusqu’à présent une demande expresse devait être déposée. Mais actuellement 80% des communes accordent déjà des dérogations aux entreprises. Et si les commerces sont ouverts le dimanche, ce qui est une possibilité, mais pas une obligation, des gens en profitent à de nombreux niveaux. Arsène Laplume, directeur général du Shopping Center Massen à Wemperhardt:

“Il y a le PIB, qui est créé par le fait que nous apportons des revenus ici pour soutenir un Luxembourg productif. Et si nous regardons la clientèle qui est ici le dimanche, elle vient d’un peu plus loin et elle a l’habitude de faire une excursion le dimanche et les gens qui ne viennent pas ici, ils font aussi une excursion le dimanche et là, quelqu’un doit travailler, qu’ils aillent dans un restaurant ou qu’ils fassent une promenade en bateau ou je ne sais quoi encore. Voilà pourquoi c’est important. Et de nombreux clients aiment venir ici le week-end. Pour eux, c’est simplement un jour où ils sont contents et ils font quelque-chose.”

Le directeur du centre commercial approuvent les ministres de l’Economie et du Travail, Lex Delles et Georges Mischo. Le monde a changé. Les salariés de son entreprise ne travaillent pas plus d’un dimanche sur deux grâce à la convention collective.

Dans d’autres secteurs, le travail dominical existe déjà, c’est pourquoi la polémique autour des horaires d’ouverture dans le commerce n’est pas toujours compréhensible. Le travail dominical n’est pas non plus une obligation: “Les salariés qui travaillent ici avec le supplément qu’ils ont le dimanche, avec un supplément de 90%, ils sont contents de venir travailler et ils se battent pour pouvoir travailler le dimanche.”

Peu ou pas de critique de la part du personnel envers le travail dominical

Effectivement, aucun employé ne s’est plaint de travailler le week-end devant la caméra. Et cela bien que dans la restauration, par exemple, le travail dominical ne soit pas mieux rémunéré. Bouchra El Bahy travaille depuis plus de 20 ans dans la restauration: “Mais nous avons aussi d’autres avantages, on a des récups pendant la semaine, un week-end, comme ça on peut faire ses démarches administratives, etc, C’est un choix de vie, parce que j’avais d’autres diplômes dans d’autres secteurs, mais j’ai choisi ce métier-là parce que j’aime bien.”

Natacha Nelles travaille depuis 15 ans dans le commerce: “Je pense que la plupart des gens aiment aussi travailler le dimanche, parce qu’au point de vue du salaire, c’est différent aussi, il y a une petite compensation en plus, et au point de vue familial, on s’arrange toujours, et c’est une question d’habitude, je pense.”

Alice Gilleman est aujourd’hui active dans le commerce, après avoir travaillé dans un bureau pendant des années: “Ça ne me dérange absolument pas et dans l’équipe, tout le monde est en général motivé pour travailler le dimanche. On fait un roulement en fait chez nous, donc on travaille deux dimanches, voire trois par mois en fonction de l’effectif de l’équipe et on essaye de s’arranger pour que tout le monde y trouve son compte.”

Les syndicats et les opposants à la libéralisation du travail dominical dans le commerce sont restés au siècle dernier, selon le directeur général du centre commercial. Il faut s’adapter aux nouvelles habitudes de la société. A l’époque du commerce en ligne, disponible 24 heures sur 24, il faut pouvoir suivre. Si les clients ne peuvent pas se rendre dans les boutiques, ils commandent en ligne, avec les nuisances que cela implique au niveau des transports et de l’environnement, selon le commerçant.

Les avis des clients

Lors du tournage du reportage dimanche dans les boutiques du centre commercial à Wemperhaart, le feedback était plutôt positif chez les employés qui travaillaient. Les clients sont pour leur part satisfaits de pouvoir faire leurs achats le dimanche, tout en ayant de la compassion pour ceux qui doivent travailler:

“Je travaille déjà depuis dix ans ici pour la boutique et nous travaillons les dimanches, pas forcément tous les dimanches, mais une certaine quantité et c’est pas dérangeant pour la cause non plus.”

”...ça ne me dérange absolument pas, et dans l’équipe, tout le monde est en général motivé pour travailler le dimanche, la clientèle est autre par rapport à la semaine, il y a beaucoup généralement de conseils le dimanche, donc c’est chouette pour notre boulot.”

“J’ai aussi travaillé dans l’hôtellerie avant. Je pense que c’est oui, idiot, de travailler le dimanche, ce n’est pas génial, mais oui, pour ceux qui ont du temps libre, c’est bien sûr génial ici, n’est-ce pas ?”

“En soi, c’est une bonne chose, pour ceux qui aiment faire du shopping, mais pour ceux qui doivent travailler le dimanche, c’est bien sûr plutôt bête. Je trouve que les dimanches sont faits pour que les gens aient la paix.”

Avec son projet de loi déposé cet automne, le gouvernement veut prolonger la durée légale du travail dominical de quatre à huit heures. Les syndicats exigent que cela ne soit possible que via une convention collective.

Le reportage de RTL en luxembourgeois avec de nombreuses interventions en français:

Fundamental Gerechtegkeet oder "hellege Sonndeg"?
Kontrovers Diskussiounen ëm d’Reform vun den Ëffnungszäiten am Commerce. Wéi gesäit et um Terrain aus? Wat soen déi, déi selwer vum Sonndesschaffe betraff sinn?

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