Tourisme médicalUne association met en garde contre les risques des traitements à l'étranger

Chris Meisch
traduit pour RTL Infos
Au Luxembourg, les patients sont de plus en plus nombreux à décider de se faire soigner par un médecin à l’étranger.
Photo d’illustration
© RTL (archive)

Les raisons de ce “tourisme médical” sont évidentes : tarifs plus bas, délais d’attente réduits ou même des “packages” incluant hébergement et transport dans le prix du traitement. Mais cela peut rapidement poser problème. L’association de défense des patients “Patiente Vertriedung” met en garde contre le tourisme médical, pour lequel les risques, le suivi médical ou encore les conséquences juridiques et financières pour les patients sont souvent sous-estimés.

Les traitements médicaux à l’étranger ne posent en principe pas de problème, explique Georges Clees, chargé de communication de l’ASBL “Patiente Vertriedung”. Il s’agit souvent de décisions mûrement réfléchies, par exemple en raison de la distance, du prix ou parce que le traitement est pratiqué depuis des années dans ce pays. Ces cas relèvent de ce qu’on appelle la “mobilité des patients”. Cela devient problématique lorsque les soins deviennent une affaire commerciale. Souvent, les patients sont attirés avec des prix bas et des “offres tout compris”, sans préciser ce qui se passe en cas de complications après le traitement.

Nous avons alors des personnes qui reviennent avec des soins qui se sont mal passés et qui, à ce moment-là, ne savent pas comment arranger la situation. Elles vont chez un dentiste ici, qui leur dit : ‘Je n’y touche pas’, et elles se retrouvent avec leur problème. Elles doivent alors repartir là où elle étaient, cette fois sans ‘package’, pour dire : ‘Veuillez remettre cela en ordre, s’il vous plaît.’

Mais ce n’est pas toujours aussi simple. Au Luxembourg, les médecins ne sont en effet pas tenus de s’occuper du suivi ou des conséquences des traitements réalisés à l’étranger.

Les patients doivent alors retourner à l’étranger pour engager une procédure judiciaire, nommer un expert, et cela peut entraîner des coûts supplémentaires très élevés. D’autant plus qu’avant qu’un expert ait examiné la situation, on ne peut pas simplement procéder à des réparations, car sinon l’expert ne pourra plus déterminer ce qui a été mal fait. Par exemple, le dentiste au Luxembourg dira : ‘Je n’y touche pas, car j’engagerais ma responsabilité, et tant qu’une expertise n’a pas établi qui est à l’origine du problème, je n’interviens pas pour le corriger.'”

Pour la “Patiente Vertriedung”, la solution idéale serait que les patients puissent consulter un médecin au Luxembourg pour un prix raisonnable.

Il faudrait soit travailler sur la nomenclature et la mettre à jour, afin que des actes qui ne sont actuellement pas remboursés le soient. Pour d’autres choses, il faudrait augmenter le taux de remboursement, afin que les patients puissent simplement aller chez le dentiste ici.

L’association conseille en tout cas aux patients de bien s’informer avant tout traitement à l’étranger. Et cela non seulement sur le prix, mais aussi sur la qualité, le suivi médical et leurs droits.

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