
Le “no comment” de Nicolas Schmit, commissaire européen à l’Emploi et aux droits sociaux sortant, s’est transformé, en moins de 24 heures, en un communiqué de presse accusateur publié ce vendredi en début d’après-midi par son parti, le LSAP.
Au lendemain de la nomination de Christophe Hansen -eurodéputé réélu haut la main en juin- pour le poste du futur commissaire européen luxembourgeois, par le Premier ministre Luc Frieden, le LSAP dénonce une nomination qui “constitue un flagrant manque de respect envers le fonctionnement
des institutions” et estime même qu’elle “pourrait placer le Luxembourg dans une situation délicate sur la scène européenne”.
Sans le dire, le parti socialiste luxembourgeois exprime sa déception de ne pas voir nommé son numéro un sur la scène européenne, Nicolas Schmit. Ancien commissaire de la précédente Commission européenne, Nicolas Schmit “peut se targuer non seulement d’une vaste expérience et du respect de ses pairs pour son action politique, mais aussi du succès de la campagne électorale qu’il a menée au niveau européen”, écrit le LSAP.
Ce que le LSAP dénonce surtout, c’est le “cavalier seul” du Premier ministre. Ce qui reflète à ses yeux, “la conception autoritaire” de la politique de Luc Frieden. Et le LSAP enfonce le clou: “Quitte à compromettre le fragile équilibre politique en Europe”, Luc Frieden “s’obstine à nommer “son” candidat”.
Luc Frieden “place ses intérêts partisans avant ceux du pays qu’il gouverne, ignorant la garantie
d’un poste stratégique pour le représentant luxembourgeois au sein de la Commission européenne”, écrit le LSAP. Avant de rappeler que l’équilibre fragile qui a permis à Ursula von der Leyen de redevenir présidente de la Commission européenne prévoit un “poste stratégique” pour le candidat tête de liste des partis socialistes et sociaux-démocrates européens lors des dernières élections, c’est-à-dire Nicolas Schmit
Le LSAP accuse Luc Frieden d’avoir rompu avec la règle tacite de la nomination aux postes stratégiques au sein de la Commission des candidats têtes de liste des groupes politiques majoritaires. À ses yeux, cette décision “constitue un manque de respect flagrant envers Nicolas Schmit, le parti socialiste
européen et le LSAP, qui lors des dernières élections européennes, avec un gain de 10% de voix, a
quasiment égalé le CSV qui n’a su progresser que de 1,8%”.
“Pire encore”, abonde le parti socialiste: “En ignorant l’accord entre les groupes politiques au niveau européen et en brisant la règle concernant les candidats têtes de liste, il risque de compromettre la future Commission européenne et met ainsi en danger la position du Luxembourg au niveau européen”.
Luc Frieden n’a pas non plus suivi la demande d’Ursula van der Leyen de “proposer une femme et un homme sauf s’il s’agit d’un commissaire européen en exercice”. Pour le LSAP cela démontre “au-delà du manque de respect envers Ursula von der Leyen, le style autoritaire de Luc Frieden et son manque de considération pour l’égalité de traitement entre les sexes”.
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