Eau potable au LuxembourgLes terrains de foot synthétiques, source inépuisable de microplastiques

Monique Kater
adapté pour RTL Infos
Cela a été confirmé par le Service de gestion des eaux, qui a autorisé la semaine dernière la construction d'un terrain de football synthétique dans la plaine inondable de l'Atert à Useldange.
© Unsplash

La loi sur l’eau ne contient aucune norme spécifique aux microplastiques. Des études confirment que les terrains de sport synthétiques peuvent libérer des fibres plastiques et que, par l’usure de ces fibres, des microplastiques sont rejetés dans les cours d’eau, l’air ou le sol, pour finir dans les nappes phréatiques.

Les méthodes de mesure des microplastiques varient considérablement, ce qui explique que les résultats diffèrent fortement. À Useldange, les jeunes pourront toutefois continuer à s’entraîner sur un nouveau terrain de football synthétique à l’avenir.

La commune a obtenu toutes les autorisations nécessaires pour le construire à cinq mètres de l’Atert. Et ce, malgré le risque élevé d’inondation et le danger que, lorsque l’eau se retirera, les microplastiques du gazon artificiel soient emportés dans le cours d’eau.

Anne-Marie Reckinger, directrice adjointe de l’Office de gestion des eaux, regrette ces lacunes dans les textes, mais précise que, grâce à leurs réglementations, ils peuvent néanmoins protéger la qualité de l’eau.

Des chercheurs de l’université d’Osnabrück, en collaboration avec l’Institut fédéral des sciences du sport, ont collecté leurs propres données et publié en 2023 la conclusion suivante : rien qu’à cause de la perte de fibres et de leur usure, 10 à 90 kilos de microplastiques par an et par terrain de football se retrouvent dans l’environnement. L’université de Barcelone a prélevé des échantillons dans la mer et a constaté que 15% des particules plastiques les plus longues étaient en fait des fibres provenant de gazon artificiel. Dans l’UE, jusqu’à 1 400 terrains de sport synthétiques sont construits chaque année.

Le maire doit respecter les conditions de l’autorisation et acheter la qualité spécifiée. Le reste dépend des ingénieurs et du savoir-faire de l’entreprise qui installe et entretient le terrain. Au Luxembourg, le football se joue sur environ 80 terrains de ce type, selon la FLF, qui précise que ces terrains synthétiques sont extrêmement populaires car ils résistent mieux aux intempéries et, à première vue, sont moins salissants que le gazon naturel.

Enfin, même un terrain de football naturel n’est pas neutre en termes d’impact sur la nature, en raison de la fertilisation et d’autres traitements. À partir de 2031, une interdiction européenne s’appliquera exclusivement aux terrains recouverts de granulés.

Les plans du terrain en question à Useldange:

© Gemeng Useldeng

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