Un rassemblement d'agriculteurs a eu lieu ce mercredi 7 février à Schengen, à l’appel des deux organisations luxembourgeoises de jeunes agriculteurs. Des organisations de jeunes agriculteurs venus des trois pays voisins se sont joints au mouvement afin de protester contre la réglementation européenne.

Avec leur collègues venus de la France, de l'Allemagne et de la Belgique, les jeunes agriculteurs luxembourgeois ont bloqué ce mercredi un pont reliant l'Allemagne et le Luxembourg pour dépasser leurs combats nationaux et s'adresser "à Bruxelles". Ils se sont également retrouvés sur la place de l’Etoile à Schengen et au lieu-dit « Dräi-Länner-Eck ».

Selon eux, l’Union européenne crée des frontières artificielles, pour éviter cela, ils réclament une politique agricole européenne uniforme et équitable. Les mêmes règles et conditions, raisonnables et applicables, doivent s’appliquer aux agriculteurs dans toute l’Europe.

Les importations doivent être soumises aux mêmes normes que les produits locaux, la politique agricole commune ne doit pas être déterminée sur sept ans, mais à long terme. Les jeunes agriculteurs ont besoin de revenus équitables et la protection de l’environnement ne doit pas se faire au détriment des revenus. Telles étaient les principales revendications des manifestants.

Environ 200 tracteurs se sont rassemblés notamment au niveau du pont de Schengen, laissant un mince couloir de passage. Ils ont levé le camp à partir de 15H. Les jeunes agriculteurs ne veulent pas parler d’ultimatum, mais ils se disent prêts à aller à Bruxelles s’ils ne sont pas écoutés.

"Nous, les jeunes agriculteurs, de Belgique, de France, d'Allemagne et du Luxembourg, nous sommes tous là aujourd'hui pour (des) revendications européennes", a lancé Marc Bodo, président des JA de Moselle lors d'une conférence de presse avec des représentants des trois autres pays, tenue côté luxembourgeois, à Schengen, petite ville symbole de la libre-circulation en Europe.

Il faut "laisser nos problèmes nationaux à la maison, on est là pour parler à Bruxelles", a-t-il insisté.

"Ça ne suffit plus d'agir au niveau national, il faut aller au niveau international" et "nous adresser à Bruxelles", a appuyé Christina Rullof, présidente des Jeunes agriculteurs de l'Etat régional allemand de Sarre, alors que plusieurs pays d'Europe ont connu ces dernières semaines un mouvement de colère du monde agricole.

"Une grande partie de ce qui se passe dans l'agriculture est réglementé au niveau national" et "ça nous a conduit dans de nombreux cas à des inégalités au sein de l'Europe et entre nos différents pays", a ajouté M. Bodo.

Les agriculteurs luxembourgeois n'incriminent pas leur gouvernement

Les organisations luxembourgeoises de jeunes agriculteurs ne voulaient pas "provoquer le chaos". Ils sont confirmé sur place que leurs protestations n’étaient pas adressées explicitement au gouvernement luxembourgeois, dans la mesure où "un bon dialogue" s’est instauré avec la ministre de l’Agriculture : "Au Luxembourg, nous avons actuellement un très bon dialogue au niveau national avec la classe politique. Nous avons eu de nouvelles élections, nous avons obtenu de nouveaux postes. Nous sommes très confiants quant au fait que nous parviendrons à maîtriser les problèmes. Mais au niveau de l’Union européenne, nous sommes tout aussi concernés que tous les autres états membres", a déclaré un des nombreux agriculteurs qui manifestaient.

Un autre participant à la manifestation a souligné : "Nous avons d’énormes problèmes de concurrence à cause des marchandises importées de pays tiers dans l’UE et qui n’ont pas les mêmes normes. C’est un point que nous exigeons : que les produits qui arrivent ici répondent aux mêmes normes et ne nous fassent pas concurrence à cet égard."

Les syndicats d'agriculteurs avaient annoncé dimanche dans un communiqué commun que protester était absurde à leurs yeux, puisque le Premier ministre Luc Frieden avait annoncé la semaine dernière une entrevue avec les représentants de l'agriculture. Elle aura lieu jeudi.