
Sur l’île grecque de Rhodes, plus de 100 avions bombardiers d’eau et hélicoptères luttent contre les feux de forêt. C’est surtout le vent fort qui attise les flammes. Même sur les images satellites, l’énorme incendie est visible. Des milliers de personnes ont été évacuées, dont des Luxembourgeois.
Jenna Kolber était en vacances à Rhodes la semaine dernière. Plus précisément au sud-est de l’île, à Kiotari. “Vendredi soir, on a commencé à sentir le feu dehors et même les vêtements sur le balcon étaient pleins de cendres. Avant d’aller dormir, nous avons calfeutré toutes les portes avec des serviettes humides pour que la fumée n’entre pas”, témoigne-t-elle.
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Le matin, les clients ont remarqué d’autres conséquences de l’incendie dans l’hôtel. Pendant le petit déjeuner, l’électricité s’est coupée. Vers 13h00, le nuage de fumée à l’extérieur se rapprochait de plus en plus et devenait de plus en plus sombre. Peu après, il y a eu une communication que l’hôtel allait être évacué.

“Nous avons reçu des serviettes humides à tenir devant notre bouche pour pouvoir respirer. A un moment donné, deux bus sont arrivés et nous ont emmenés à Gennadi. Nous avons tous été emmenés sur la plage près d’une petite taverne, sans aucune information sur la façon dont cela allait se passer. Ensuite nous avons reçu de l’eau et de la nourriture d’un hôtel situé en face.”
Jenna Kolber raconte comment des canadairs ont volé tout l’après-midi et se sont ravitaillés en eau de mer. Le soir, dès qu’ils n’ont plus pu voler, elle a vu les flammes devenir de plus en plus grosses.
Le soir, des bus devaient venir les chercher à 22h00, mais ils n’ont pas pu les atteindre, car les routes venant du nord du pays étaient toutes fermées.
Ensuite Gennadi a aussi été évacuée et tous les habitants se sont rassemblés avec les touristes sur la plage. “Vers 23 heures, nous avons vu des navires. L’armée et la Croix-Rouge ont emmené les gens de la plage en mer dans de petits bateaux jusqu’aux grands navires. C’était une immense ruée. Si par hasard le bateau ne s’immobilisait pas directement près de quelqu’un, il était impossible d’y arriver.”

En pleine nuit vers 2h00, un bus est arrivé et a chargé des gens, mais il a été immédiatement rempli. “Nous avons alors décidé de ne plus attendre sur la plage, mais de rejoindre la route dans l’espoir que d’autres bus arrivent.”
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À un moment, trois bus sont arrivés et Jenna Kolber et sa compagne de voyage ont réussi à y prendre place. Après un arrêt dans un hôtel, où les personnes étaient déjà toutes allongées par terre, les passagers du bus ont été déposés vers 4h00 du matin dans un hôtel Luxair-Tours. “Là, avec une centaine de personnes, nous avons essayé de dormir sur des chaises et sur le sol.”
Dans la matinée, les deux femmes ont été conduites à l’aéroport, où elles ont pu prendre leur avion comme prévu.
“Nous sommes très heureuses d’être de retour à la maison, mais nous pensons aux nombreuses personnes qui n’ont plus de maison et à celles qui interviennent là-bas depuis des jours sans interruption.”
Martine Gangolf s’est envolée pour l’île grecque de Rhodes dimanche matin. A ce moment-là, la jeune femme ignorait à quel point la situation était grave sur place depuis quelques jours. Arrivées à l’aéroport de Rhodes, Martine Gangolf et son amie devaient être conduites à l’hôtel. Après que le guide de Luxair-Tours ait passé plusieurs coups de téléphone et qu’il ait été informé de leur destination, il a été dit aux deux Luxembourgeoises qu’elles pouvaient rejoindre leur hôtel.
Arrivées sur place, l’ambiance de vacances ne sautait pas aux yeux. L’hôtel était quasiment vide. “On nous a alors dit que la zone avait été évacuée pendant la nuit. Nous étions plutôt en colère et surprises de nous retrouver quand même dans cet hôtel”, explique la jeune femme.
Le dimanche, elles ont donc pu rester à l’hôtel. Littéralement dans l’hôtel. En effet, elles n’étaient pas autorisées à se tenir à l’extérieur de l’établissement.
Ce jour-là, elles n’ont guère obtenu d’informations de leur guide. Seules les autorités pouvaient décider une évacuation. Martine Gangolf et son amie sont restées à l’hôtel, mais sans défaire leur valise et elles ont passé la nuit sans beaucoup dormir. Lundi matin, l’aventure s’est poursuivie.
Arrivées à l’aéroport, les deux femmes ont obtenu un vol retour vers Luxembourg. Il n’y avait pas de ligne d’assistance téléphonique, personne n’aurait été en charge d’elles et elles ne seraient arrivées à contacter pratiquement personne. Martine Gangolf et son amie espèrent que le changement de réservation sera remboursé par Luxair-Tours. Luxair a annoncé qu’elle ne laisserait pas tomber financièrement ses clients.
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