
“La situation en Russie est grave”. Jean Asselborn a exprimé son inquiétude, samedi soir, soulignant que la situation actuelle était une conséquence des actions du président Vladimir Poutine. La mutinerie opérée par le groupe Wagner est une “humiliation” pour Poutine.
Asselborn avait d’ailleurs souligné le risque potentiel d’une guerre civile en Russie dans les prochaines heures, soulignant que l’usage de la force n’était plus seulement le monopole de l’État.
Alors que le groupe Wagner a finalement reculé samedi soir (peu après les déclarations d’Asselborn), le ministre luxembourgeois a également souligné qu’il existait “des dizaines de groupes comme Wagner” en Russie. “Gazprom en a un, il y a des gens comme Kadyrov [chef de la République tchétchène], et leur service de renseignement a aussi un groupe comme ça.”
Attirant l’attention sur les ramifications mondiales, Asselborn a souligné la possession par la Russie d’environ 6 000 ogives nucléaires. Il a averti qu’une déstabilisation complète de la Russie constituerait le plus grand danger pour le monde.
L’Union européenne considère ces tensions comme étant internes à la Russie. En conséquence, “il n’est pas nécessaire que la Russie mette en garde les pays occidentaux contre toute ingérence”. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent néanmoins se réunir lundi pour discuter de la situation.
Jean Asselborn a reconnu la position affaiblie de Poutine, l’attribuant au discrédit jeté par Yevgeny Prigozhin, chef du groupe Wagner.
“Si Poutine devait sortir vainqueur”, a poursuivi Asselborn, “j’espère que cela n’aggravera pas la dictature déjà existante en Russie ou ne conduira pas à l’utilisation d’armes plus dangereuses.”
Jean Asselborn a enfin souligné que l’issue de la guerre dépendait en grande partie du sentiment national envers Poutine et des actions potentielles du groupe Wagner, notamment s’il s’était rendu à Moscou.
*Cette interview a été réalisée à 19h30, samedi. Peu de temps après, Prigozhin et ses troupes ont stoppé leur avancée vers Moscou.